25 juin 1839

« 25 juin 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16339, f. 35-36], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8982, page consultée le 24 janvier 2026.

Au moment de t’écrire, mon cher bien-aimé, je m’aperçoisa que tu ne m’as laissé que du petit papier mais comme les toiseurs et les maçons sont de l’autre côté avec la bonne, et que je suis pressée de te donner le bonjour, je t’écris sur celui-ci. Tantôt j’en aurai du plus grand. J’ai là d’assez beaux vers sur toi, mon ravissant petit homme, mais je regrette de n’avoir pas lu ta réponse, car tu es de ceux qui donnent un bœuf pour un œuf.
Pourquoi n’es-tu pas venu cette nuit, mon amour, il y a juste huit jours que nous n’avons déjeuné ensemble ! Je pensais que puisque nous avions un peu d’argent devant nous, c’était le cas de venir te reposer auprès de ta pauvre Juju. Pour peu que ça continue, tu nous ferasb vivre comme des vrais cénobites tandis que nous pourrions vivre comme des BIENHEUREUX, ce qui serait plus SAIN et plus amusant. Baise-moi, Toto. Je vous aime et je vous adore de tout mon cœur.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « apperçois ».

b « fera ».


« 25 juin 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16339, f. 37-38], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8982, page consultée le 24 janvier 2026.

Mon pauvre petit homme adoré, aime-moia, regarde-moib et vois comme je t’aime.N’aie pas peur, mon bien-aimé, tu n’as rien à craindre de moi car je t’aime et tu passes tes nuits pour moi. La mère Lanvin est venue me voir, tout bonnement parce qu’elle allait mieux et qu’elle était bien aise d’avoir un but à sa promenade. Nous n’avons parlé que de toi et un peu du théâtre de la Renaissance qui, par parenthèse, donne des pilesc de billets à 1 franc et à 10 sous à ses employés pour tâcher de simuler une recette avec la MÉDUSE1. Voilà ce qu’elle m’a affirmé, et je la crois, car elle n’a aucune raison pour exagérer, d’autant plus qu’elle tremble que le théâtre ne ferme à cause de son mari qui est d’un placement assez difficile, vu l’état où il est. En somme le théâtre jette un mauvais coton et je crains bien que le pauvre Lanvin ne l’enterre avant d’être lui-même bien mort. Baise-moi et aimons-nous en dépit de tous les SINISTRES, de tous les RADEAUX et de toutes les RUINES et de toutes les FAMINES qui nous passent sous les yeux et sois-moi aussi fidèle de cœur, d’action et de pensée que je led suis moi-même envers notre amour.

Juliette


Notes

1 Le Naufrage de la Méduse, opéra en deux actes de Friedrich von Flotow, livret d’Hippolyte et Théodore Cogniard, créé le 31 mai 1839 au Théâtre de la Renaissance.

Notes manuscriptologiques

a « aimes-moi ».

b « regardes-moi ».

c « pilles ».

d « la ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle renonce définitivement à son métier et Hugo s’engage, par un mariage symbolique, à l’entretenir et ne jamais l’abandonner.

  • 1er févrierLouise Beaudoin, malade, ne peut jouer dans Ruy Blas. Juliette Drouet refuse de reprendre son rôle.
  • ÉtéLéopoldine s’éprend de Charles Vacquerie.
  • 31 août-26 octobreVoyage en Alsace, Rhénanie, Suisse et Provence.
  • Nuit du 17 au 18 novembre« Mariage » symbolique de Juliette Drouet et Victor Hugo, par lequel elle renonce à sa carrière d’actrice et reçoit l’assurance qu’il ne l’abandonnera jamais, et s’occupera de Claire.