« 27 mai 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16327, f. 94-95], transcr. Isabelle Korda, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2362, page consultée le 24 janvier 2026.
27 mai [1836], vendredi, 4 h. ¾ après-midi
Mon cher adoré, je ne peux pas m’empêcher de te témoigner toute ma joie, toute ma
reconnaissance pour les heures de bonheur que tu viens de me donner. Je te remercie
avec les battements de mon cœur qui sont plus précipités, je te remercie avec mon
âme
qui n’est pas encore sortie de l’extase où tu l’as laissée.
J’espère, mon cher
adoré, que le petit régime d’hier au soir et de ce matin suffira pour faire
disparaître tes coliques d’entrailles. Quanta à moi, je me sens beaucoup mieux. Il est vrai que je me suis
arrangée pour cela.
Depuis que tu m’as quittée je n’ai pas encore eu le temps de
me débarbouiller. J’ai fait mille tours. J’ai écrit à Jourdain, enfin je me suis occupée et je suis sale comme un peigne.
Comme la bonne allait chercher ma poudre, je lui ai fait mettre la lettre chez
Jourdain même puisqu’elle passait devant.
Bonjour, mon Toto chéri, bonjour mon
amour. Je t’aime. Je suis bien heureuse. Je t’attends, je t’espère. A bientôt si tu
peux mais ne t’inquiète pas, je suis bien résignée. Je t’aime, oh ! je t’aime.
Juliette
a « quand ».
« 27 mai 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16327, f. 96-97], transcr. Isabelle Korda, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2362, page consultée le 24 janvier 2026.
27 mai [1836], vendredi soir, 7 h. ¾
Cher bien-aimé, mon amour, où es-tu, que fais-tu en ce moment et à qui penses-tu ?
Je
n’ai pas pu détacher mon âme ni ma pensée de toi. Je t’aime mon cher adoré, bien plus
qu’on a coutume de le faire dans ce monde. Je sens bien que je n’ai pas un amour
pareil à celui de toutes les femmes. Je t’aime mieux que cela, je t’aime comme il
faut
que tu sois aimé, je t’aime comme on aime Dieu dans le Ciel.
Je ne sais pas si je
te verrai ce soir et je ménage tant que je peux la somme de bonheur que tu m’as donné
pour tâcher d’arriver jusqu’à ton retour désiré sans trop de peine.
Prends bien
garde en marchant par ce vilain temps gris d’attraper froid et mal aux entrailles.
Je
pense à tous les inconvénients et tous les dangers que te suscitea ta préoccupation. Je voudrais les
prévoir et t’en garantir avec ma vie-même. Si le magnétisme existe, je suis bien sûre
qu’il ne t’arrivera rien de mauvais car j’aurai toujours mon amour et ma pensée entre
toi et le malheur. Mais le magnétisme existe-t-il ? Voilà la question.
Je t’aime.
Toi, aime-moi un peu de ton côté et tâche de prendre un peu sur ton travail pour
ajouter à ma vie qui n’est rien sans toi.
Juliette
a « suscitte ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
