« 21 janvier 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 21], transcr. Blandine Bourdy et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12747, page consultée le 09 août 2026.
Paris, 21 janvier 1880, mercredi matin, 10 h.
Toi aussi, mon pauvre grand bien-aimé, tu as payé la dîme à la mauvaise saison comme
un simple homme qui n’aurait rien de mieux à faire qu’à cracher sur ses tisons ? Ce
n’est pas
seulement humiliant pour toi, c’est désolant pour tous ceux qui t’aiment et qui te
croyaient invulnérable et inexpugnable dans ta santé comme dans ta gloire, ainsi que
je le croyais
moi-même à force de le désirer. Aujourd’hui, hélas ! ma confiance est un peu ébranlée,
non dans ta gloire, qui est au-dessus de toute atteinte mauvaise, mais dans ta force
de résistance
contre les misères du corps humain, qui est notre partage à nous.
Cette révélation m’est particulièrement triste à moi qui me faisais une sécurité de
ton inébranlable santé.
Aujourd’hui je sais trop que tu peux souffrir comme tout le monde et peut-être plus
que tout le monde si tu ne veux pas te soigner à temps. J’espère que tu entendras
la raison et que tu
ne voudras pas me tourmenter au-delà du possible en résistant aux bons soins dont
tu as besoin. Je t’en supplie et je t’adore.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
- AvrilReligion et religions.
- 24 octobreL’Âne.
