« 27 avril 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 352-353], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2179, page consultée le 01 mai 2026.
27 avril [1836], mercredi matin, 10 h. ¾
Bonjour, mon cher petit homme chéri. Comment vas-tu ce matin ? Je voudrais bien te
baiser, j’ai bien envie de te voir.
Je me suis endormie fort tard hier ce qui est
cause que je me suis réveillée très tôt ce matin. Je ne regrette pas le temps que
j’ai
dormi puisqu’il a été employé à rêver de vous, et c’est ce
que j’ai de mieux à faire quand vous n’y êtes pas.
Bonjour, mon cher petit
bien-aimé, comment va ton bobo ce matin ? Il me semble que si tu avais usé de notre
fameux remède, tu en aurais éprouvé un grand bien.
Vois-tu, je sais par expérience depuis que je te connais que c’est le remède universel.
Je t’aime, mon Victor. Ce n’est pas assez pour
moi de te le dire, je voudrais te le prouver. Je t’aime, mon pauvre petit bien-aimé,
avec tous les sentiments à la fois. Je voudrais être ton tyran et ton esclave. Je voudrais avoir l’autorité pour t’empêcher de te tuer par le travail comme tu
le fais tous les jours. Je voudrais être aussi ta servante
pour te rendre tous les petits services de sollicitude et de soin dont tu as besoin.
Enfin je ne sais pas si tu me comprends, mais mon amour est de ceux qui souffrent
à
rester dans l’inaction ; je voudrais prendre aussi ma place
dans le dévouement d’une maîtresse à son amant. Je t’aime, vois-tu, mon pauvre ange.
Tout ce que je sens, tout ce que je dis, tout ce que je veux, c’est que je t’aime.
« 27 avril 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 354-355], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2179, page consultée le 01 mai 2026.
27 avril [1836], mercredi soir, 7 h. 20 m.
Je t’écris en attendant mon dîner qui n’est pas encore prêt. Je viens de retrouver
les deux notes dont une très ACADÉMIQUE. Cher petit
espiègle, vous ne vous contentez pas d’être le plus beau, le plus noble et le plus
grand et le plus aimé des hommes, vous voulez encore en être le plus LOUSTIC.
C’est très bien, je ne m’y oppose pas. Ah ça,
mon cher petit bien aimé, viendrez-vous très tôt ce soir ? cela m’arrangerait d’autant
mieux que je vous aime de toutes mes forces et que j’ai une envie de vous comme un
rasoir.
Je vous assure que je ne me coupe pas du tout quand je vous parle ainsi. Vous pourrez en avoir la preuve
en repassant très vite à la maison.
Han ! Han ! Ceci
vous enfonce encore un peu plus vos clous. Il ne faut pas croire qu’il n’y en a que
pour vous tout seul de L’ESPRIT. Je vous ferai bien passer
des quarts d’heurea de bon sens tout aussi bien que vous le pourriez faire avec la
femme la plus délicate.
Je t’aime, toi, voilà ce qui
est vrai. Voilà la cause de ma joie, de mon bonheur, de ma gaieté. Je t’aime. Je
t’espère, il me semble que tu vas venir et je suis très heureuse et très gaie.
Juju
a « cardeurs ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
