« 14 février 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 101-102], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.705, page consultée le 01 mai 2026.
14 février [1836], dimanche matin, 9 h. ¾
Bonjour mon beau Toto, comment que ça va mon chéri ? Si vous êtes comme moi, vous
vous portez très bien et vous avez passé une très bonne nuit. Le spécifique a très bien agi.
Il fait bien beau et bien froid ce matin. Je
suis encore dans mon lit d’où j’ose à peine passer le bout de mon nez tant le froid
me
paraît vif.
Je t’aime, toi, je ne pense qu’à toi. Je n’ai besoin que de toi. Je
ne sais pas ce que je deviendrais s’il me fallait vivre maintenant sans toi, je crois
que je ne vivrais pas. Aussi, mon cher petit Toto adoré, tu peux être bien sûr que
je
ferais tout mon possible pour solidifier notre avenir.
J’ai fait toute la nuit
des rêves de contrariété sur notre logement et sur les portiers mais ce ne sont que
des rêves. J’ai été plus heureuse dans ceux que j’ai faits de toi. Nous étions bien
charmants et bien GEAIS et nous nous aimions autant qu’éveillés.
Mon cher petit Toto, je vais me
lever, je vais bien travailler pour que vous soyez content de moi et que vous m’aimiez
de toutes vos forces. En attendant que je baise votre vraie bouche, je baise votre
souvenir.
J.
« 14 février 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 103-104], in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.705, page consultée le 01 mai 2026.
14 février [1836], dimanche soir, 8 h. ¼
Mon bon petit cher Toto, je t’aime de toute mon âme encore et bien plus que cela s’il
[y] avait un nom, un chiffre, capable de déterminer la somme
d’amour que j’ai pour toi. Je seraia
bien joyeuse si tu peux venir de très bonne heure, mais je serai bien bonne et bien
résignée si tu travailles.
J’ai mangé ma fameuse douzaine d’huîtres et mes
marrons et bu mon vin de SYRACUSE. Je suis très bien portante et prête à tout. Je viens d’envoyer coucher [fuisinette ?] [foirinette ?]deux à cause de certains
airs grognons dont tu t’es déjà aperçu et qui devient de jour en jour plus
désagréable. Aussi j’ai usé de ma sévérité ce soir et j’ai envoyé coucherb immédiatement après le dîner. Je te
raconte tout cela mon cher petit homme parce que je sais que tu as la bonté de
t’occuper de tout ce que je fais.
Je t’aime mon cher petit bijou, je vous n’aime
mon beau garçon, je suis bien amoureuse de vous mon cher petit amant bien aimé.
Je vous désire, je vous espère et je vous attends avec patience.
J.
a « serais ».
b « couché ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
