« 9 février 1850 » [source : Vente Boisgirard-Antonin, expert Thierry Bodin, Drouot, salle 4, 24 mai 2019, lot n° 247], transcr. Jean-Marc Hovasse, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12575, page consultée le 27 janvier 2026.
9 février [1850], samedi midi.
Je m’en veux, mon petit homme, de la lettre grognon et grotesque que je t’ai griffouillée ce matin. Je voulais la brûler tout à l’heure mais, par respect pour l’exactitude et aussi pour me punir de l’avoir écrite, je la laisse à sa place. Mais je proteste contre toutes les stupidités qu’elle contient. Je déclare qu’elle appartient à la rédaction, embêtante, toussante et obsédante. Qu’elle n’a aucun titre à votre indulgence et que vous pouvez en faire tout ce que vous voudrez et bien autre chose encore. Ceci dit et avoué par la Juju revenue à son bonheur. Je repars d’un autre point de vue et je vous affirme que vous êtes un Toto bien bon, bien charmant et bien ravissant, que vous m’avez fait grand plaisir hier en venant passer une heure auprès de moi et que je serais la plus heureuse des femmes si vous pouviez en faire autant tous les soirs, même en compagnie de vos affreux journaux, que j’ai en horreur, même sans me dire un seul mot tout le temps que vous êtes auprès de moi. Car les temps sont durs, la république est molle et ses représentants s’en ressentent, il ne faut donc pas chicaner le bonheur et y regarder de si près. Que je vous voie, cela suffit pour me rendre heureuse. Plus tard nous verrons s’il y a lieu de demander davantage. Pour le moment c’est tout ce que je peux espérer et je m’en contente. Merci, Toto, merci, mon petit homme, tâchez de revenir encore ce soir et vous verrez que je ne ferai pas la fière et la délicate et que je me lécherai les barbes de joie. En attendant je vous baise à mort.
Juliette
« 9 février 1850 » [source : Collection privée], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12575, page consultée le 27 janvier 2026.
9 février [1850], samedi midi
Je m’en veux, mon petit homme, de la lettre grognon et grotesque que je t’ai griffouillée ce matin. Je voulais la brûler tout à l’heure mais, par respect pour l’exactitude et aussi pour me punir de l’avoir écrite, je la laisse à sa place. Mais je proteste contre toutes les stupidités qu’elle contient. Je déclare qu’elle appartient à la rédaction, embêtante, toussante et obsédante, qu’elle n’a aucun titre à votre indulgence et que vous pouvez en faire tout ce que vous voudrez et bien autre chose encore, ceci dit et avoué par la Juju revenue à son bonheur. Je repars d’un autre point de vue et je vous affirme que vous êtes un Toto bien bon, bien charmant et bien ravissant, que vous m’avez fait grand plaisir hier en venant passer une heure auprès de moi et que je serais la plus heureuse des femmes si vous pouviez en faire autant tous les soirs même en compagnie de vos affreux journaux, que j’ai en horreur, même sans me dire un seul mot tout le temps que vous êtes auprès de moi. Car les temps sont durs, la république est molle et ses représentants s’en ressentent. Il ne faut donc pas chicaner le bonheur et y regarder de si près. Que je vous voiea cela suffit pour me rendre heureuse. Plus tard nous verrons s’il y a lieu de demander davantage. Pour le moment c’est tout ce que je peux espérer et je m’en contente. Merci, Toto, merci, mon petit homme, tâchez de revenir encore ce soir et vous verrez que je ne ferai pas la fière et la délicate et que je me lècherai les barbes de joie. En attendant je vous baise à mort. Juliette.
a « vois ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo compose de nombreux dessins dans l’atelier qu’il a installé chez elle
- 15 janvierDiscours de Hugo sur la liberté de l’enseignement.
- 5 avrilDiscours de Hugo contre la déportation.
- 18 maiAngelo tyran de Padoue est repris pour 14 représentations et 5 en 1851. La distribution est la suivante : Beauvallet est toujours Angelo, Maillart remplace Geffroy dans Rodolfo, Maubant remplace Provost dans Homodei. Les deux sœurs Félix jouent respectivement Catarina (Rebecca) et la Tisbé (Rachel).
- 21 maiDiscours de Hugo sur le suffrage universel.
- 9 juilletDiscours de Hugo sur la liberté de la presse.
- 4 décembreHugo, qui souffre de maux de gorge depuis plusieurs mois, se fait opérer de la luette.
