« 17 juillet 1863 » [source : BnF, Mss, NAF 16384, f. 189], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7386, page consultée le 23 janvier 2026.
Guernesey, 17 juillet [18]63, vendredi matin, 7 h. ¼
Je vois que tu es levé, mon cher bien [Deux lignes illisibles.] des ouvriers qui sont à l’ouvrage et qui pourraient surprendre nos signaux, ce qui est inutile. J’espère que tu as passé une aussi bonne nuit que la mienne quoique tu ne te sois pas couché comme moi dans un monceau de décombres. Je ne sais pas si c’est cela qui a ajouté à la douceur de mon sommeil mais le fait certain, c’est qu’il y a longtemps que je n’ai aussi bien dormi que cette nuit. Malheureusement [illis.] chambre à coucher [illis.] à ma portée car je vois que les ouvriers font force de marteau et de tenaille pour en avoir fini plus vite avec mes démolitions et j’avoue que je ne les retiens pas, AU CONTRAIRE, malgré le bénéfice réel de cette [nuit ?]. Dans ce moment, ils jettent par la fenêtre tous les bois et descendent sur le gazon tout le droguet que Suzanne battra morceau à morceau et brossera consciencieusement en ôtant tous les [Deux lignes illisibles.] dans un champ poussiéreux. Je me suis arrangée avec elle pour cela tout à l’heure ce qui ne m’a pas été difficile car la pauvre fille s’emploie de toute sa force et de tout son cœur dans ce déménagement monstrueux. Quant à moi je fais mon office de cinquième roue, ce qui n’est peut-être pas le moins fatiganta. Du reste pas plus de Marie Turpin que sur la main. J’espère que sa villégiature ne se prolongera pas jusqu’au-delà de cette semaine car ce serait une enclouure désastreuse pour nos travaux. Quel stupide gribouillis, mon pauvre adoré, et que cela doit te faire plaisir de lire tous ces détails insipides que tu connais du reste pour y assister jour par jour, heure par heure. Je t’en demande pardon et je me hâte de te baiser depuis la tête jusqu’aux pieds et de t’aimer de toute mon âme.
a « fatiguant ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Adèle, fille de Hugo, s’enfuit au-delà des mers à la poursuite désespérée d’un militaire dont elle est amoureuse. Mme Hugo adresse quelques signes de courtoisie à Juliette.
- 19 maiElle signe un bail de location pour la maison du 20, Hauteville.
- 18 juinAdèle, fille de Victor Hugo, part rejoindre le lieutenant Pinson.
- 2 juilletMme Hugo offre et dédicace à Juliette Drouet un exemplaire de son Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
- 15 août-7 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
- DécembreElle décline l’invitation de Mme Hugo à participer au dîner des enfants pauvres.
