« 6 décembre 1863 » [source : BnF, Mss, NAF 16384, f. 274], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7442, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 6 décembre [18]63, dimanche matin, 8 h. ½
Bonjour, mon grand bien-aimé, bonjour, ma joie, bonjour, mon bonheur radieux, bonjour. Je crois d’après tes chers petits signes joyeux que tu as passé une bonne nuit. J’espère que ma confiance en eux ne sera pas trompée. Quant à moi je suis en veine de sommeil et j’en profiterai tant que cela durera. Quel beau temps ce matin, mon cher petit homme ; est-ce que nous n’en profiterons pas un peu tantôt ? Je sais que tu as beaucoup de lettres à écrire mais ta santé doit passer avant elles et avant tout aussi, mon adoré bien-aimé, je te supplie de prendre tes jambes à ton cou moi zavec tantôt… mais j’y pense, mon pauvre estropié, ton pied blessé t’empêchera peut-être. Dans ce cas-là je [retire ?] ma proposition et je te prie de ne tenir aucun compte de mon désir de sortir avec toi aujourd’hui. Je n’en ai plus envie du moment que cela peut augmenter ton bobo. Ce que je veux, mon doux adoré, c’est que tu te soignes, que tu te guérissesa bien vite et que tu m’aimes toujours. À cette condition je suis la plus heureuse des femmes et le bon Dieu n’est pas mon cousin. Quellesb lettres touchantes tu as reçuesc hier, mon grand adoré, l’admiration et la vénération t’arrivent de toutes les parties du globe à la fois sans compter les messagers du ciel qui vont et viennent au-dessus de ta tête invisibles mais chargés de toutes les bénédictions des âmes immortelles qui te reconnaissent pour l’archange sublime et divin de l’humanité. Quand je pense à l’honneur et au bonheur qui me sont échus à moi pauvre simple d’esprit. Mon cœur tressaille et mes genoux ploient et tout mon être se prosterne.
a « guérisse ».
b « qu’elles ».
c « reçu ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Adèle, fille de Hugo, s’enfuit au-delà des mers à la poursuite désespérée d’un militaire dont elle est amoureuse. Mme Hugo adresse quelques signes de courtoisie à Juliette.
- 19 maiElle signe un bail de location pour la maison du 20, Hauteville.
- 18 juinAdèle, fille de Victor Hugo, part rejoindre le lieutenant Pinson.
- 2 juilletMme Hugo offre et dédicace à Juliette Drouet un exemplaire de son Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
- 15 août-7 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
- DécembreElle décline l’invitation de Mme Hugo à participer au dîner des enfants pauvres.
