« 25 octobre 1863 » [source : BnF, Mss, NAF 16384, f. 235], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7261, page consultée le 25 janvier 2026.
Guernesey, 25 octobre [18]63, dimanche matin, 7 h. ¼
Bonjour, mon grand, mon doux, mon ineffable bien-aimé, bonjour. J’espère que tu as passé une meilleure nuit que la mienne car autrement ce serait sans compensation pour moi, ce qui ne serait pas juste et le dieu AZAÏS1, lui-même, ne peut pas le vouloir. Du reste tu vois par cette ébauche de coq-à-l’âne que je n’en vais pas plus mal ce matin, AU CONTAIRE. Donc si tu as bien dormi tout est pour le mieux en ce monde. Mon cher petit homme, je te supplie de ne pas donner suite à ton projet de mettre Mme Chenay de garde chez moi. Outre que ce serait tout à fait illusoire, en tanta que service affectif, à moi rendu, ce serait pour la pauvre femme une corvée hideuse dont elle s’apercevrait sitôt la première curiosité satisfaite. Ce qu’il faudrait ce serait une autre moi-même à poste fixe depuis le matin jusqu’au soir, et encore ces paresseux systématiques trouveraient-ils moyen de perdre leur temps. Je verrai Goreofficieusement demain ; je lui dirai combien tu es mécontent et le risque qu’il y aura pour lui dans l’avenir à t’avoir donné une mauvaise opinion de sa délicatesse en matière de travail et de direction. Je tâcherai de stimuler son amour-propre en lui faisant espérer ta pratique pour plus tard. Je crois que c’est le seul moyen possible, les choses étant en cet état. De plus, j’enverrai Suzanne d’heure en heure et davantage s’il le faut ; j’irai moi-même, ce qui me forcera à sortir et à faire un peu d’exercice ; enfin, mon pauvre adoré, tu tâcheras de faire acte de présence encore plus souvent de manière à ne leur laisser aucun répit. Voilà, je crois, la solution pratique pour le moment. J’espère que tu la trouveras bonne. En attendant je te baise de toute mon âme.
1 À élucider.
a « temps ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Adèle, fille de Hugo, s’enfuit au-delà des mers à la poursuite désespérée d’un militaire dont elle est amoureuse. Mme Hugo adresse quelques signes de courtoisie à Juliette.
- 19 maiElle signe un bail de location pour la maison du 20, Hauteville.
- 18 juinAdèle, fille de Victor Hugo, part rejoindre le lieutenant Pinson.
- 2 juilletMme Hugo offre et dédicace à Juliette Drouet un exemplaire de son Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
- 15 août-7 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
- DécembreElle décline l’invitation de Mme Hugo à participer au dîner des enfants pauvres.
