28 novembre 1858

« 28 novembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 331], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5951, page consultée le 06 août 2026.

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Je vois sur ma table mon pauvre petit Toutou qui aboie à la restitus pendant que vous courez la prétentaine sous prétexte de vous promener sous le brouillard et sous la pluie, sans compter que votre look-outa est tout grand ouvert, ce qui est bien trouvé pour un homme qui relève d’une affreuse maladie comme toi1, mon pauvre adoré. Vraiment c’est trop compter sur tes forces et ta bonne santé que de l’exposer comme tu le fais tous les jours par tous les temps. Je grogne au lieu de te sourire parce que cela me tourmente et pour un peu j’enverrais Suzanne dire à une de tes servantes de fermer ta fenêtre. Malheureusement je crains de contrarier ta femme, sans cela il y a déjà longtemps que j’aurais envoyé Suzanne prévenir une Rosalie quelconque. Justement te voilà, tu pourras donner les ordres toi-même, tu prends le bon parti, mon bien-aimé, en allant fermer toi-même ta chambre. Je t’aime, mon Victor, je voudrais ajouter ce qui me reste de jours aux tiens pour te faire la vie plus longue.


Notes

1 Pendant l’été, Hugo a failli mourir de l’anthrax.

Notes manuscriptologiques

a « lucoot ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.