28 août 1858

« 28 août 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 245], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5566, page consultée le 06 août 2026.

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Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour et santé et bonheur, ce qui est synonyme pour moi. À force d’alternatives de mieux et de mal, d’espérances déçues et de joies prématurées, nous arrivons enfin tout doucement à la grande guérison. Encore quelques jours d’oscillations agaçantes, d’impatience et d’ennui et tu pourras prendre la clef des champs, mon pauvre cher prisonnier. Jusque là, il faut te résigner au petit rayon de soleil oblique qui caresse le bout de tes chers petits pieds par ma fenêtre ouverte, au ramage de Quesnard et à mon amour pour tout horizon. J’espère que tu auras passé une bonne nuit et que le vin de quinquina continue de faire merveille ? Peut-être même seras-tu assez gaillard pour essayer de faire quelques pas hors de MON ENCEINTE aujourd’hui ? Dieu sait si je le désire quoique ce premier symptôme de guérison soit en même temps pour moi le signal de mon délaissement. Je le sais et je n’en persiste que davantage à désirer de toutes mes forces que tu reprennes au plus vite la pleine et entière possession de ta santé, dussé-jea rester toute ma vie seule au fond de ma chambre et sans autre compagnie que mon amour car je t’aime plus que mon propre bonheur. Je t’adore.


Notes manuscriptologiques

a « dussai-je ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.