« 13 juin 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 107], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.186, page consultée le 06 août 2026.
Guernesey, 13 juin 1857, samedi soir, 6 h. ¼
Je profite de l’inexactitude de Suzanne pour te pondre ma petite restitus avant le dîner, mon cher petit homme, et pour te remercier de la charmante petite promenade apprivoisée que tu viens de me faire sans préjudice de celle de ce soir sur laquelle je compte en dépit de mes stupides pattes. Je trouve que tu m’as quittée bien vite et même avant l’heure officielle de ton dîner, la preuve c’est que ton commensal Guérin n’était même pas encore entré chez toi au moment où je passais le seuil de l’avenue Falluea. Je ne veux pas te gêner dans tes mouvements, mon cher petit homme, aussi je n’insiste pas davantage sur le petit incident de tout à l’heure. D’ailleurs le bonheur ne veut pas être regardé de trop près et gagne beaucoup à être pris les yeux fermés1. Taisez-vous je vous aime cela me suffit. Oh ! Oh ! Voilà Suzarde qui embouche la trompette du dîner. Il faut que je descende bien vite pour ne pas être en retard dans le cas où vous viendriez de bonne heure. Je vous dis que je vous aime et que je me contente de cela.
Juliette
1 Dans son Carnet de 1857, Hugo note : « Elle m’écrit (13 juin 1857) : “Le bonheur ne veut pas être regardé de trop près et gagne beaucoup à être pris les yeux fermés.” » (Massin, CFL, t. X, p. 1525)
a « Fallus ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
