« 24 juin 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 171], transcr. Emma Antraygues et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12762, page consultée le 25 janvier 2026.
24 juin [1880], jeudi midi.
Je croyais que tu avais eu une bonne nuit, mon cher bien-aimé, et je me consolais avec cette pensée de ma mauvaise ; mais depuis que je sais qu’il n’en n’est rien, je m’en plains très fort et pour toi et pour moi. Heureusement que tu as pu te rattraper pendant toute cette hideuse matinée pluviarde et glaciale. Autre guitare, un télégramme à tous crins pour l’amnistie1 pleine et entière arrivéa ce matin de Lisbonne puis un petit mot de Lesclide avec une pétition sur papier timbré arrivée au Ministre des Finances pour le prier de lui accorder un relais de trois mois pour ce qu’il doit pour l’héritage de sa femme et qu’il te prie d’apostiller. Je ne crois pas que tu puissesb lui refuser cela. Au reste il dînera ici ce soir : tu pourras lui en parler s’il est besoin. Autre chose encore, c’est aujourd’hui jour d’argent je vais te porter mon livre pour que tu fassesc mention de ce que tu vas me donner. Quelle bête de lettre ! Mais je ne peux pas en faire une autre.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Victor Hugo prépare un troisième discours pour l’amnistie pleine et entière des Communards, qu’il prononcera au Sénat à la séance du 3 juillet. Une amnistie partielle avait déjà été voté le 3 mars 1879.
a « arrivée ».
b « puisse ».
c « fasse ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
- AvrilReligion et religions.
- 24 octobreL’Âne.
