« 21 août 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 225-226], transcr. Emma Antraygues et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12919, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 21 août [1880], samedi matin, 8 h.
Cher bien-aimé, je veux que tu emportes avec toi là-bas mon cœur sous cette forme comme viatique saint. Je ne t’ai pas écrit depuis deux jours parce que le temps et les forces me manquaient mais je ne t’en aimais que plus en raison de l’accumulation qui se faisait par chaque seconde de retard. Aujourd’hui, mon cher adoré, j’ouvre toutes les écluses de mon amour au risque de te noyera : gare là-dessous ! Je vais te porter une lettre adorable de petite Jeanne. Heureusement que je n’y mets pas de coquetterie et que mes vieilles tendresses ne reculent pas devant les juvéniles filialités de cette adorable petite fille. J’ai à peu près mis à jour mes comptes et les tiens ainsi que les recettes mais tu serais bien gentil de me donner quelques sous de poche ne fût-ceb que pour les mettre à ta disposition au fur et au besoin de la route. Tu en feras ce que tu voudras. Il me suffit à moi de t’avoir averti. Cher bien-aimé, je te l’ai dit en commençant ce gribouillis, j’ai tenu à ce que mon cœur fût en règle, vis à vis de toi. Je t’adore, rien de plus, rien de moins… mais toi, m’aimes-tu ???
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
a « noïer ».
b « fussent ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
- AvrilReligion et religions.
- 24 octobreL’Âne.
