« 4 septembre 1872 » [source : BnF, Mss, NAF 16393, f. 244], transcr. Bulle Prévost, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.9880, page consultée le 01 mai 2026.
Guernesey, 4 septembre [1872], [mercredi], 7 h. ½
Mon cher bien-aimé j’étais depuis hier soir dans une tristesse énorme après m’être
aperçue que je n’avais pas ta lettre à ce pauvre Burty. Il m’est impossible de me rendre compte comment j’ai pu la
laisser tomber chez toi sans m’en apercevoir. C’est probablement pendant le va et
vienta de mon porte monnaie durant le
jeu. Enfin je sais que Mme Chenay l’a retrouvée et te l’a rendue, ce qui me soulage d’un grand
poids tout en restant très fâchée de mon étourderie à mon âge… !!!! Shoking, shoking, shoking je t’envoie tout de suite l’adresse exacte de ce
pauvre malheureux père, c’est : Boulevard des Batignolles 11
bis. Pardonne-moi tout de même et aime moi encore plus pour me consoler de mon
malheur. Comment as-tu passé la nuit et Petite
Jeanne ? Soyez bénis tous les deux et les trois chers autres qui
arriverontb ce matin.1
[Monsieur V. Hugo Burty boulevardc des Batignolles 11
bis]
1 Mme Charles, Petit Georges et François-Victor Hugo, partis pour quelques jours en villégiature sur l’île de Jersey.
a « vien ».
b « arriverons ».
c « boulevart ».
« 4 septembre 1872 » [source : BnF, Mss, NAF 16393, f. 245], transcr. Bulle Prévost, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.9880, page consultée le 01 mai 2026.
Guernesey, 4 sept[embre][18]72, mercredi soir, 5 h. ¼
Que tu es bon, mon cher adoré, j’en suis toute attendrie et je voudrais baiser tes pieds. Loin de me gronder de mon étourderie, comme je le méritais, tu m’excusesa et tu me pardonnes avec tant d’ineffable douceur et tant de tendresse que cela me donne presque l’envie de recommencer. Mais le proverbe dit : qu’il ne faut abuser de rien, pas même de la bêtise, aussi je me contiens pour ne pas mettre trop souvent ta patience à l’épreuve. Tu auras eu bien peu le temps de penser à moi tantôt au milieu de tes joies de papa et de Papapa. Loin de t’en faire un reproche je m’en suis fait à moi-même un bonheur. Je me dépêche de te bâcler ma pauvre petite restitus afin d’être prête tout à l’heure. J’ai tenu à mettre ma maison en grand gala de propreté afin qu’elle continue de mériter le beau nom de Hauteville Féerie dont ton fils l’a baptisée1. J’espère y être parvenue. C’est à mon tour maintenant à me débarbouiller dare-dareb avant que tu ne viennes me chercher. Je t’embrasse au vol et je t’adore à genoux.
1 Kesler avait également baptisé ainsi la maison du 20, Hauteville.
a « m’excuse ».
b « dar, dar ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils partent à Guernesey pour un an, le temps pour Hugo d’écrire son roman Quatrevingt-treize et d’entreprendre la conquête de Blanche, servante de Juliette.
- 7 janvierÉchec de Hugo à une élection partielle.
- 13 févrierHugo retrouve chez le docteur Allix sa fille Adèle, qu’il n’a pas vue depuis le 18 juin 1863. Elle revient de la Barbade.
- 17 févrierAdèle, fille de Victor Hugo, est internée dans la maison de santé du docteur Brierre de Boismont, à Saint-Mandé.
- 16 marsActes et Paroles.
- 7 avrilBlanche Lanvin entre au service de Hugo.
- 29 maiNaissance de sa petite-nièce Juliette, fille de son neveu Louis Koch.
- 10 août 1872-30 juillet 1873Séjour à Guernesey.
- 25 décembreHugo entreprend la conquête de Blanche Lanvin.
