25 avril 1838

« 25 avril 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16334, f. 76-77], transcr. Mathieu Chadebec, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.1195, page consultée le 25 janvier 2026.

Mon cher petit bien-aimé, c’est très gentil à vous d’être venu cette nuit mais vous serez encore bien plus gentil si vous revenez la prochaine et les suivantes. Ha ça ! j’espère que vous aurez fini par rencontrer votre Granier de Cassagnac qu’il est. Ce serait bien absurde de me quitter dix heures trop tôt pour rien. Avec cela que Mme Kraft doit croire que nous l’oublions. Comme il faut que je reste chez moi toute la journée, aujourd’hui il fait un temps magnifique. C’est toujours comme cela. Je suis sûre que le Jourdain ne viendra pas encore aujourd’hui. Je bisque, je rage que c’est un plaisir. Je vais envoyer Suzette chez la mère Lanvin avec un bout de lettre pour la prier de venir demain avant 2 h. 
Je vous aime vous. Vous ne vous y attendiez pas, mais j’aime à surprendre mon monde. Eh bien oui, je vous aime ! et de toutes mes forces et de toute mon âme encore. C’est bien pire. Je serai très heureuse si vous revenez très tôt de baiser votre belle bouche blanche et rose.

Juliette


« 25 avril 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16334, f. 78-79], transcr. Mathieu Chadebec, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.1195, page consultée le 25 janvier 2026.

25 avril [1838], mercredi soir, 5 h. ¼

Vous voyez bien que vous me refusez tout ce que je vous demande, vilain Toto. J’aurais été si heureuse de dîner avec vous aujourd’hui en ville, cela m’aurait complétéa mon déjeuner qui a été beaucoup trop court. Mais vous ne savez plus rien faire pour me rendre heureuse. Vous avez aussi reçu beaucoup trop de lettres de femmes, vous savez que je n’aime pas ça et que je vous le défends expressément. Cela ne vous arrête pas. À propos de lettres je viens d’envoyer à la poste celle de Mme Kraft et une autre à Jourdain pour savoir si la plaisanterie doit se prolonger encore longtemps et puis aussi pour ravoir votre petit miroir. Scélérat, je vous aime, monstre. C’est bien absurde mais je suis forcée de l’avouer, je vous aime. Il est vrai que vous faites tout votre possible pour me guérir, mais tous vos efforts jusqu’à présent n’ont servi qu’à vous faire aimer davantage, et comme je sais que cela vous vexe horriblement, je continuerai de vous aimer de plus en plus. C’est bien fait !!!!!!!!!!!!b
Jour mon Toto, soir pa, soir man. Suis-je bonne de rire avec vous quand j’ai tout sujet d’être triste de votre façon d’être avec moi qui vous aime tant.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « completter ».

b Les douze points d’exclamation courent jusqu’au bout de la ligne.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.

  • Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
  • MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
  • 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
  • MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
  • 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
  • 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
  • 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.