5 juillet 1860

« 5 juillet 1860 » [source : BnF, Mss, NAF 16381, f. 175], transcr. Amandine Chambard, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10740, page consultée le 24 janvier 2026.

J’ai été bien privée ce matin, mon cher bien-aimé, de ne pouvoir pas te gribouiller ma bonne petite RESTITUS comme d’habitude mais j’ai dû m’occuper un peu des allées et venues de mon badigeonneur et l’empêcher de barbouiller à même le tableau de Boulanger qu’il ne songeait pas à retirer. Du reste il est impossible à moins d’y assister comme je le fais depuis ce matin, de s’imaginer la lenteur maladroite et calculée de ces affreux ouvriers guernesiais. Celui-ci en particulier est un type heureux de la stupidité humaine. J’espère que malgré lui il aura fini mon escalier aujourd’hui. Il me restera encore à subir la peinture et le collage de papier sans compter mes propres arrangements personnels, de matelas, de lit et de tapis : d’y songer j’en ai [du noir ?] dans l’âme. Pour oublier ce lugubre avenir je pense avec joie à mon bonheur de tout à l’heure et je lui souris et je lui fais fête de tout mon cœur et de toute mon âme et je te baise depuis le commencement jusqu’à la fin de mon cher petit dîner.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo se replonge dans son manuscrit des Misérables. Juliette attend impatiemment qu’il lui donne à copier.

  • 12 juinElle part à Jersey, où Hugo la rejoint le surlendemain, pour un meeting de soutien à Garibaldi.
  • 19 juinRetour à Guernesey.
  • 30 décembreHugo se remet aux Misérables.