« 3 février 1881 » [source : BnF, Mss, NAF 16402, f. 16-17], transcr. Caroline Lucas, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8062, page consultée le 25 janvier 2026.
Paris, 3 février 1881, jeudi matin, 9 h.
Comme toi, mon doux adoré, j’ai bien dormi la première partie de la nuit et comme
toi
aussi j’ai très mal dormi la seconde. Pour moi je ne m’en plains pas parce que j’y
suis habituée et que je ne m’en porte [pas] plus mal ; mais pour
toi c’est autre chose et je suis triste quand je vois que tu suis mon exemple. Pour
me
consoler un peu je me dis que peut-être tu as rattrapé le temps perdu cette nuit par
un bon sommeil ce matin mais je n’en suis pas assez sûre pour m’en faire une joie
motivée et bien sentie. J’attendrai pour cela que tu me le disesa toi-même. Tu sais que tu n’as Sénat qu’à
trois heures. D’autre part, Mme Lockroy a demandé le déjeuner pour elle et pour ses
enfants à midi précisesb.
Malheureusement je crains que tu ne sois pas prêtc pour cette heure-là, ce qui te privera de voir tes deux chers
petits mioches exquis. À qui la faute ? That is the question
à laquelle tu pourrais peut-être répondre avec connaissance de cause.
J’ai
mis les journauxd d’hier que je
n’ai pas eu le temps de lire de côté mais aurai-je le temps de les lire ainsi que
ceux
d’aujourd’hui d’ici à ce soir ? J’en doute. Enfin quand on fait ce qu’on peut, dit
le
proverbe, on fait ce qu’on doit et autre : à l’impossible nul n’est tenu.
À
propos, mon cher petit homme, vous voyez qu’on peut me faire crédit puisque tôt ou
tard j’arrive à payer mes dettes. Témoin cette troisième double restitus qui me libère de toutes mes restitus y
comprise celle d’aujourd’hui. Il
est vrai que pour ce qu’elle dit elle ferait peut-être mieux de garder sa plume pour
planter des choux. Mais, peu importe comme dit le bonhomme Marquand. Cela me fait penser à te redire encore une
fois d’écrire à Mme Chenay et de lui envoyer de l’argent car la pauvre femme doit être aux
abois et surtout fort inquiète de ta santé. Tu devrais, séance tenante, lui écrire
deux mots, un pour elle, un pour la Old Bank Cie. Je t’en fais une scie mais c’est
dans ton intérêt puisque tu aimes les comptes payésf régulièrement. Cher bien-aimé, ce gribouillis est presque aussi
ennuyeuxg que tous les autres et
cependant je t’adore.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
a « dise ».
b « précis ».
c « prets ».
d « journeaux ».
e « compris ».
f « payé ».
g « ennuieux ».
« 3 février 1881 » [source : BnF, Mss, NAF 16402, f. 168], transcr. Caroline Lucas, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8062, page consultée le 25 janvier 2026.
Du 3 février dernier1
2,500 kilos de bois neuf [illis.] trois 162 F. 50
2,500 kilosa de charbon de terre .. 142 F. 50
200
margotinsb ….. 24 F. 10
Deux charretiers et deux porteurs à la cave 6 F.
335 F. 10c
1 Juliette a écrit ce feuillet à part. Celui-ci était intercalé entre les lettres du 24 et du 26 juillet 1881.
a « kilo ».
b « margottins ».
c Toutes ces sommes sont alignées à la verticale en bout de ligne. Cela forme une addition posée à la main, le résultat étant inscrit sous une barre de total.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
une partie de l’avenue d’Eylau est rebaptisée « avenue Victor Hugo ».
- 17 févrierMort de son beau-frère Louis Koch.
- 4 marsHommage du Sénat à Hugo.
- 31 maiLes Quatre Vents de l’esprit.
- 12 juilletUne partie de l’avenue d’Eylau est rebaptisée « avenue Victor Hugo ».
