« 20 avril 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 106], transcr. Blandine Bourdy et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12861, page consultée le 03 mai 2026.
Paris, 20 avril 1880, mardi midi
Cœur toujours en avance, mais restitus trop souvent en retard, tel est encore mon cas aujourd’hui, mon grand petit homme, la faute en est au Sénat qui m’oblige à faire tenir dans une matinée tout le tintouina du ménage de la journée. J’espère que tu m’as tenu parole en dormant toute la nuit comme une soupe1. Moi, je n’ai pas beaucoup à me vanter de mon sommeil qui s’est passé en ronronnage plutôt qu’en vrai somme. Et qui ne m’empêche pas d’être très crâne2 ce matin et très GEAIE. Le citoyen Barbou voulait absolument te voir ce matin, mais je lui ai fait dire de revenir à l’heure de ton déjeuner. Peut-être est-il déjà là. Autre guitare, je vais te porter mon livre car c’est aujourd’hui jour d’argent pour la maison, excusez du peu, ça n’est pas de ma faute. Tant pis pour tes héritiers. Moi je t’adore je ne peux pas faire mieux.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Déformation parisienne de l’expression plus connue « dormir comme une souche » qui apparaît dans la première moitié du XVIIIe siècle. (Note de Claire Josselin)
2 « Crâne » : hardi. (Littré)
a « tintouint ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
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