10 décembre 1868

« 10 décembre 1868 » [source : BnF, Mss, NAF 16389, f. 338], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.9244, page consultée le 03 mai 2026.

XML

Comment ta nuit, mon cher bien-aimé ? La mienne bonne. Je t’aime. Je vois avec joie que le temps est clair et bon pour tes chers yeux et que ta scrobeuse1 pourra en profiter pour nettoyera ton plafond de verre aujourd’hui. Quel regret c’est pour moi de ne pouvoir pas diriger ta maison et t’épargner la peine de t’en occuper toi-même ! Avec quel bonheur je m’y emploierais jour et nuit ! Ce n’est probablement qu’une illusion de mon amour de croire que je pourrais t’être utile. Mais, vrai ou non, je n’en ai pas moins le désir ardent de te servir et le chagrin de ne le pouvoir pas. Heureusement pour toi, le besoin de ma mouche, de mon coche et de sa cinquième roue ne se fait nullement sentir. C’est ce qui me console un peu en m’humiliant beaucoup. Autre humiliation, il faudra que j’aie celle de t’importuner encore de la lecture de ces deux déplorables lettres2 dont je t’ai parlé et que tu me dises dans quels termes je dois y répondre. Pas aujourd’hui car c’est jour de poste et d’épreuves sans compter tous tes autres chiens à fouetter. Enfin quand tu voudras et quand tu pourras. Je t’adore.


Notes

1 Victor Hugo utilise le néologisme « scrobage » dans Les Misérables. Construit à partir du verbe anglais « to scrub », qui signifie « brosser, frotter », Hugo désigne ainsi les tâches de nettoyage des domestiques. Ici, « scrobeuse » désigne donc une domestique qui sera chargée de nettoyer, brosser, frotter le look-out.

2 Dans sa lettre du 9 décembre, Juliette évoque la réception de deux lettres, une de Mmede Montferrier, et une de Mme Luthereau, qui lui demandent l’aide financière de Hugo.

Notes manuscriptologiques

a « nétoyer ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Mme Hugo, devenue presque aveugle, meurt à Bruxelles peu après la naissance de son second petit-fils. Depuis quelques mois, Juliette était invitée aux fêtes familiales, et lui faisait la lecture.

  • 29 janvierHernani est joué au Royal Theatre de Jersey.
  • 31 janvierHernani est joué au Théâtre Royal de Guernesey.
  • 14 avrilMort de Georges, petit-fils de Victor Hugo.
  • 27 juillet-9 octobreSéjour à Bruxelles.
  • 16 aoûtNaissance de Georges, fils d’Alice et Charles Hugo, qui lui donnent le prénom de leur premier-né mort quatre mois plus tôt.
  • 27 aoûtMort d’Adèle, femme de Victor Hugo, à Bruxelles. Hugo accompagne son cercueil jusqu’à la frontière.