« 30 novembre 1862 » [source : BNF, Mss, NAF 16383, f. 255], transcr. Camille Guicheteau, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6978, page consultée le 02 mai 2026.
Guernesey, 30 novembre 1862, dimanche soir, 7 h. ½
Je te l’ai déjà dit, mon cher bien-aimé, j’ai la superstition de la RESTITUS et mon cœur n’est pas tranquille tant que je ne t’ai pas fait mon petit gribouillis quotidien. Autrefois j’avais pour douce habitude de commencer ma journée par là, mais à présent tout est désheuré dans ma vie grâce à la distribution absurde de l’intérieur de mon logis, sans parler du surcroît d’occupation que le laisser-aller de Suzanne me donne tous les jours, sans que personne s’en doute autour de moi, pas même toi, que je tâche de ne pas trop ennuyer de mes tracasseries de domestique. Aujourd’hui, par exemple, la dose d’incurie ayant été plus forte que d’ordinaire, j’ai eu davantage à faire. Aussi suis-je sur les dents mais je compte sur la nuit pour réparer tout cela. En attendant, je me réconforte dans mon amour et je reprends courage en pensant que je te verrai tout à l’heure, que je t’aime autant que tu es grand, bon et divin.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle se délecte du succès public des Misérables.
- 10 marsPremier dîner des enfants pauvres.
- 3 avrilParution de la première partie des Misérables.
- 28 juillet-26 septembreVoyage au Luxembourg et sur les bords du Rhin
