« 30 juin 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 135], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5249, page consultée le 03 mai 2026.
Guernesey, 30 juin 1858, vendredi matin, 7 h. ½
Bonjour, mon bien-aimé, bonjour mon pauvre petit souffrant, bonjour. Comment vas-tu ce matin ? As-tu passé une bonne nuit ? Tu n’as pas encore ouvert ta fenêtre mais j’espère que cela ne veut pas dire que tu sois moins bien qu’hier1. Quant à moi, j’ai très bien dormi et déjà ma journée se prépare bonne puisque je trouve moyen de la commencer par le COMMENCEMENT RESTITUS. Il ne faut rien moins que cela pour me donner bon espoir pour tout le jour. J’espère que tu prendras tes bains sans trop d’ennuis et que tu te sentiras si près d’être guéri que tu n’auras plus aucun souci sur la durée plus ou moins douteuse de ta petite indisposition. Jusque là, je prépare mon arsenal du seauxa, de baignoire, de serviettes, de draps et de couvertures et je t’attends mon eau chaude à la main. J’ai encore quelques cerises à cueillir pour notre tarte ce soir et des roses à éplucher pour ton vinaigre ce qui fait que je ne peux pas trop m’attarder aux bagatelles du cœur et que je suis forcée de te donner mon amour et mes tendresses en bloc. Je t’aime.
Juliette
1 Hugo va de moins en moins bien. Il note à cette date dans ses carnets : « 3e clou. Très douloureux. ». La maladie de Hugo va s’accentuer de jour en jour jusqu’à devenir un anthrax.
a « sceau ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
