« 26 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 263-264], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3099, page consultée le 25 janvier 2026.
26 septembre [1838], mercredi midi
Mon petit homme chéri, je vous aime. Aimez-moi autant et je ne désire rien de plus. Je vous adore, je vous suis fidèle. Tâchez de m’imiter encore sur ce point-là. Vous avez oublié de me donner mon laissez-passer mais je vous préviens que si j’étais très tourmentée, ce ne serait pas un obstacle pour moi. Du reste vous êtes parfaitement injuste et absurde quand vous me demandez l’emploi de ma journée. Je ne fais rien mais je n’ai pas une minute à moi. Je ne gagne pas d’argent mais je travaille sans interruption, je m’occupe sans cesse de vous. Je vous aime, je vous écris et je fais votre tisanea. J’ai bien mal à la tête aujourd’hui, le café noir n’a pas fait son effet. Et puis je prends trop peu d’exercice, c’est pas votre faute mais c’est vrai. Jour Toto. Papa est bien i,je l’aime. Je prendrai mes REVANCHES CE SOIR. J’étais un peu patraque ces jours-ci mais je sens que je remonte. Soir ma BÊTE. J’aime Toto.
Juliette
a « tisanne ».
« 26 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 265-266], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3099, page consultée le 25 janvier 2026.
26 septembre [1838], mercredi soir, 7 h. ½
Mon cher petit bien-aimé, je suis souffrante mais pas triste, j’ai mal à la tête mais pas d’humeur, je suis bête mais je t’aime. J’ai beaucoup de choses à faire ce soir fort ennuyeusesa : vérifier le compte de Jourdain, à lire le mélodrame de M. T. Il y a de quoi faire renâcler la plus robuste et la plus courageuse des femelles. Enfin, je tâcherai d’en venir à bout. Pour cela je vais avaler une tasse de café noir mais j’aimerais mieux te donner le bras et marchotter avec toi sur le boulevard, bras dessus, bras dessous, en nous aimant de toutes nos âmes. Voici qu’on m’apporte une lettre. Je connais l’écriture et cependant je ne sais pas de qui. J’attendrai votre arrivée pour en faire l’OUVERTURE. J’ai bien mal à la tête, j’ai bien mal à la tête. J’ai besoin du GRAND REMÈDE, mon cher petit docteur, pharmacie et autre. Venez me l’administrer tout de suite. J’y consens et même je le désire. En attendant je vous aime, je vous garde mon cœur et votre dîner. Tâchez de ne pas les laisser refroidir ni l’un ni l’autre.
Juliette
a « ennuieuses ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.
- Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
- MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
- 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
- MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
- 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
- 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
- 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.
