29 mai 1839

« 29 mai 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16338, f. 218-219], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8341, page consultée le 04 mai 2026.

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Bonjour, mon petit homme chéri, bonjour, mon adoré. Je vous écris de mon lit où je me ronronne sous le prétexte que j’ai très mal à la tête. Je ne parle pas de ma vaccine que je ne sens pas et que je crois ne prendre pas. J’ai été obligée de me lever en toute hâte tout à l’heure pour faire déménager ma salle à manger parce qu’on va démolir, et qu’on démolit maintenant le plafond, ce qui donnera deux pieds de plus en hauteur sans pour cela donner plus de jour parce que les fenêtres sont faites et que les charpentes ne permettent pas de les exhaussera davantage. Tout cela m’a fait donner un coup de collierb quand je voulais rester tranquille, ce qui est fort ennuyeuxc avec le mal de tête que j’ai. J’aimerais mieux, je vous le dis franchement,me promener avec vous sur les boulevards intérieurs avec la perspective [d’un dîner ?] à la barrière que de rester dans mon plâtras. Je suis bien résignée comme vous voyez. Voime, voime. Mais si je suis résignée pour aller me promener avec vous, mon cher petit adoré, je ne le suis pas pour rester toute seule à la maison, voilà la différence. Baisez-moi, vieux laid PAS CHAUD. Venez me chercher tout de suite. Je vous aime.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « exaucer ».

b « colier ».

c « ennuieux ».


« 29 mai 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16338, f. 220-221], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.8341, page consultée le 04 mai 2026.

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Je viens de voir le propriétaire, mon Toto, à qui les ouvriers avaient monté la tête à l’endroit du monsieur qui ne voulait pas du plafond obscur. Comme il ne m’est pas démontré que tu veuilles sérieusement déménager, je n’ai pas cru devoir [illis.] cette SAUCE-LÀ. Tu seras toujours le maître de faire ce que tu voudras. Au reste, il est convenu qu’on rabaissera les croisées de 15 pouces si la charpente faisant trumeau peut se couper. Dans tous les cas, on ferait des impostes avec chacune d’elles ; voilà ce qui a été convenu avec le propriétaire de la meilleure grâce du monde. Quant à moi la colère dans laquelle je t’ai vu m’a fait un tel effet que cinq minutes après j’avais un énorme bouton de fièvre à la lèvre. Je me mettrais dans un trou de souris chaque fois que vous vous fâchez. Enfin tant de tués que de blessés il n’y a personne de mort. Demain l’architecte dira si on peut élever les croisées ou seulement faire des impostes. J’ai là une lettre de Mme Krafft qui vous attend, moi aussi je vous attends et avec amour [illis.]. Où êtes-vous, que faites-vous, que regardez-vous, qui aimez-vous et à qui pensez-vous ? I papa. J’oubliais de te dire que j’avais envoyé ce matin chez les Lanvin, que la petite allait mieux, le père toujours dans le même état et la pauvre femme croit qu’elle va mieux. [illis.] Que je t’aime donc, mon Dieu, que je t’aime.

Juliette

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle renonce définitivement à son métier et Hugo s’engage, par un mariage symbolique, à l’entretenir et ne jamais l’abandonner.

  • 1er févrierLouise Beaudoin, malade, ne peut jouer dans Ruy Blas. Juliette Drouet refuse de reprendre son rôle.
  • ÉtéLéopoldine s’éprend de Charles Vacquerie.
  • 31 août-26 octobreVoyage en Alsace, Rhénanie, Suisse et Provence.
  • Nuit du 17 au 18 novembre« Mariage » symbolique de Juliette Drouet et Victor Hugo, par lequel elle renonce à sa carrière d’actrice et reçoit l’assurance qu’il ne l’abandonnera jamais, et s’occupera de Claire.