« 1 novembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 309], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5930, page consultée le 06 mai 2026.
Guernesey, 1er novembre 1858, lundi matin, 8 h.
Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour ; je t’aime au noma de tous les saints dont c’est la fête aujourd’hui ; au nom de tout ce qui a aimé, prié et souffert sur cette terre, je t’aime, mon sublime éprouvé et je te bénis. Je te remercie de la bonne petite soirée que tu m’as donnée hier. J’espère que tu ne l’auras pas trouvée trop longue et que ton thi ne t’aura pas empêché de dormir ? Si tu vas sur la colline aujourd’hui, et que cela ne dérange pas ton travail, j’irai avec toi si tu veux. Il fait un temps à donner des jambes à un paralytique, aussi j’en profiterai pour mettre ma podagrerie en campagne. Il est bien regrettable de n’avoir pas un Grut quelconque et quelques viers coffres à l’horizon par ce beau temps mais nous saurons bien nous en passer, le soleil aidant, et surtout le bonheur de nous sentir côte à côte comme AUTREFOIS. En attendant je me dépêche de finir mon gribouillis pour donner à Suzanne le temps d’aller à la messe tout à l’heure, puis je reprendrai tantôt ma chère petite copire et je serai très heureuse. Pense à moi, mon cher petit homme, je prie pour toi et je t’aime. Dès que tu pourras venir me donner un petit bonjour, tu me rendras bien heureuse. Jusque-là c’est moi qui te donne mon âme.
a « aux noms ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
