15 mai 1844

« 15 mai 1844 » [source : Médiathèque de Fougères, Ms 114], transcr. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11686, page consultée le 01 mai 2026.

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Bonjour, mon Toto bien-aimé, bonjour mon cher amour adoré. Mme Lanvin m’a apporté ce matin la lettre de convocation de Claire qu’elle avait reçue hier au soir. Cette pauvre enfant sera donc examinée lundi prochain. Dieu veuille qu’elle ne se trouble pas et qu’elle soit reçue. Je voudrais être à mardi pour n’avoir plus à y penser car malgré moi, cela m’occupe et m’agite fort.
J’ai vu encore la mère de Clémentine qui est dans un désespoir navrant. Sa pauvre fille a la fièvre typhoïde et le médecin paraît fort alarmé de son état. Tout cela, mon pauvre ange, a beaucoup éteint le petit plaisir des deux glaces. Et à l’heure qu’il est je ne sais pas encore comment elles sont. Je n’ai pas pris le temps de les regarder. Le tapissier est venu et, de compte fait, on ne pourra pas raper les glaces mais seulement les encadrer d’étoffe par-dessus le cadre. De cette façon, on aura à grand peine de quoi cacher la toilette. Il a promis de venir ajuster cela vendredi mais j’en doute.
Je viens d’envoyer la lettre du préfet à Claire et puis je te griffonne ce gribouillis à la hâte car rien n’est encore fait chez moi quoique je sois levée depuis 7 h. du matin. Je continue à avoir un mal de tête hideux et insensé. Je viens d’écrire au [illis.] de passer chez moi mais j’ai peu d’espoir de ce côté là. Je crains qu’il n’aita vendu ou détraquéb l’embrase et que ce ne soit plus qu’une chose fanée et abimée. Cela me contrarierait doublement à cause de toi mais si c’est possible je serai bien contente d’avoir quelque chose à ton goût. En attendant, mon cher bel ange, je t’aime, je te désire, je te bénis et je t’adore. Pense à moi et viens le plus tôt que tu pourras. Je vais m’occuper de ton eau tout de suite. Auparavant je vais écrire un petit mot à Mlle Hureau. Je t’aime, mon Victor. Je t’aime. Tu ne sauras jamais combien. Je baise tes beaux yeux, ton cher petit nez et ta ravissante petite bouche.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « est ».

b « détraquée ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.

  • Début octobrePetit voyage avec Hugo.