« 9 janvier 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 8], transcr. Maggy Lecomte, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2235, page consultée le 01 mai 2026.
Guernesey, 9 janvier [18]73, jeudi matin, 8 h. ½
Pas plus de chance qu’hier, mon grand insaisissable, et pourtant j’étais de faction au petit point du jour. Mais que faire contre le guignon ? Tu as dû me passer sous l’aquilin entre deux gouttes d’eau et je t’approuve d’avoir glissé avec rapidité sur ta terrassea archi mouillée, c’est déjà beaucoup trop que tu risques la chance d’un rhume et d’un traumatisme presque tous les jours puisqu’il pleut avec une persévérance désolante tous les jours. Enfin j’en suis pour mes frais de garde et toi pour ton imprudence, ce qui est encore moins gai. Aussi parlons d’autres choses propres à nous réjouir le cœur et l’âme : de Petit Georges et de Petite Jeanne. Quelle bonne idée tu as eue de leur écrire à tous, grands et petits Hugo, et d’adresser le tout à Mademoiselle Jeanne Hugo, 20 rue Drouot, Paris. Je vois d’ici la surprise et les bons rires et la bonne joie de ce cher groupe tant aimé. Quel dommage de ne pouvoir pas assister à ce moment là cachée derrière une porte ; c’est pour le coup que la surprise et le bonheur [atteindraient ?] des proportions incommensurables ! Pour te donner cette satisfaction inouïe je serais capable de me jeter à corps perdu à la mer enragée de ce matin. Hélas ma grosseur m’attache au rivage. Pour m’en punir je vais immediately faire mes comptes de décembre. Quant à ceux de la Broisine, je crains vraiment de n’en pouvoir pas venir à bout en 99 ans tant cela me semble long, compliqué et ardu, avec une apparence de simplicité tout à fait honnête qui engage à ficher le tout au feu en lui payant ce qu’elle dit avoir avancé pendant deux ans. Telle est mon humble opinion. Mais je ferai ce que tu voudras pourvu que tu sois content et que tu m’aimes.
a « terrace ». Orthographe anglaise.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils rentrent à Paris après la fin de l’écriture de Quatrevingt-treize. Épuisée par les infidélités de Hugo et le soupçon, elle disparaît quelques jours, pendant lesquels il est au désespoir. François-Victor, second fils de Hugo, meurt d’une tuberculose rénale.
- 10 févrierReprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français.
- 1er juilletBlanche quitte Guernesey.
- 12 juilletBlanche revient secrètement.
- 21 juilletBlanche repart pour Paris.
- 31 juilletHugo et Juliette Drouet arrivent à Paris.
Blanche avoue à Hugo l’avoir trompé. Il lui pardonne. - 14 aoûtPaul Meurice est démis de ses fonctions de rédacteur en chef du Peuple Souverain par ses actionnaires. Le journal se sépare du Rappel, dont il était l’émanation.
- 19 septembreAyant découvert une lettre d’amour adressée à Hugo, Juliette fuit à Bruxelles.
- 26 septembreRetour de Juliette Drouet à Paris.
- 4 octobreAprès avoir loué pendant deux mois une petite maison à Auteuil, ils s’installent 55 rue Pigalle.
- 26 décembreMort de François-Victor Hugo, de la tuberculose.
- 28 décembreEnterrement de François-Victor au Père-Lachaise.
