16 août 1857

« 16 août 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 153-154], transcr. Chantal Brière, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2990, page consultée le 06 mai 2026.

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Il n’y a rien de plus affairés que les gens qui n’ont rien à faire, mon cher petit homme, à commencer par moi dont l’inaction est chaque jour si occupée que c’est à peine si je peux trouver le temps de te gribouiller ma restitus. Cependant je ne veux pas finir la journée sans te donner mon cœur, fût-cea à tâtons, telb est mon style. J’ai un affreux mal de tête que je ne sais à quoi attribuer mais que je serais bien aise de secouer tout à l’heure au grand air avec toi. Je crois que c’est d’avoir cousu dans du linge trop fin aujourd’hui. La faiblesse de ma vue m’oblige à une grande application qui me fait porter tout de suite le sang à la tête. Décidément il faut que je me résigne à porter des LUNETTES (comme cela vous montera l’imagination) à moins d’interrompre tout de suite l’usage de mes yeux, ce qui ne serait pas amusant. Telle est, mon cher adoré, l’extrémité où je suis arrivée. Sans compter que l’affreux jour que me fait [illis.] doit contribuer pour une bonne part à cet aveuglement prématuré. Aussi j’ai hâte de grimper à mon étage lumineux pour jouir à la fois de ta vue et de la vue du soleil. Te voilà, je t’aime, quel bonheur !


Notes manuscriptologiques

a « fusse ».

b « telle ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.

  • Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».