« 17 août 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 223], transcr. Emma Antraygues et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12917, page consultée le 24 janvier 2026.
Paris, 17 août [1880], mardi matin, 7 h. ½
Cher bien-aimé, je viens de te laisser profondément endormi et j’espère que tu ne te réveilleras qu’après un bon somme. En attendant j’ai une bonne nouvelle à t’annoncer, on t’écrit du ministère de la guerre que ton protégé, Lantier, va avoir un nouveau sursis, le ministre le lui accorde sur ta recommandation, heureux de pouvoir faire ce que tu lui demandes. Cet avis est, je crois, du ministre lui-même autant que j’ai pu déchiffrer la signature. Autre guitare, nous n’avons absolument personne à dîner. Mon avis serait… mais non mes fichus pieds ne me permettent pas d’aller même jusqu’à notre voisin le Moulin vert il faut de toute nécessité dîner chez nous et en tête à tête, ce qui ne me déplaît pas, au contraire. Autrement nous n’avons que la ressource des deux Lesclide et de la blonde Kopelska. À toi de décider la question. Quant à moi, je m’en bats l’œil ; cela le guérira peut-être car depuis hier il est très malade ; je crains une conjonctivite, ce qui ne me ferait pas rire au moment de notre départ1, n’ayant ni médecin ni oculiste à ma disposition en ce moment-ci. Toujours est-il que je t’aime œil ouvert ou fermé et de toute mon âme.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Ils partiront le 21 août chez Paul Meurice à Veules.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
- AvrilReligion et religions.
- 24 octobreL’Âne.
