17 mai 1857

« 17 mai 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 85], transcr. André Maget, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2924, page consultée le 09 mai 2026.

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C’est passé, c’est fini, mon cher petit bien-aimé. Je n’ai plus de tristesse. Je ne souffre plus. Je t’aime dans le bleu du ciel de mon âme. Quand tu viendras, tu me trouveras gaie, contente et heureuse. En attendant je surveille mes poussins et je combine les points de ma tapisserie pour arriver à une sorte d’unité d’exécution que le laisser aller de la maestra Aillex m’a rendue assez difficile. Il serait possible que tous les Préveraud redoublés des Terrier vinssent me voir aujourd’hui. Aussi me suis-je mise sous les armes pour les recevoir à brûle-pourpoint de la politesse la plus raffinée et la plus carabinée. Quant à toi, mon cher adoré, tu pourras à ton gré te montrer ou te dissimuler en restant dans le lucoot1, est-ce ainsi que cela s’écrit ? Quel bonheur qu’il n’y ait pas besoin d’orthographe pour aimer et quel embarras de moins pour mon cœur puisqu’il peut t’adorer en dehors de la syntaxe.


Notes

1 Juliette Drouet écrit ainsi l’anglais « look-out », véranda en hauteur (sens premier : vigie, poste d’observation).

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.

  • Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».