7 novembre 1835

« 7 novembre 1835 » [source : BnF, Mss, NAF 16325, f. 92-93], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.9601, page consultée le 24 janvier 2026.

Vous m’avez fait gagnera mon pari, méchant homme que vous êtes. C’est encore une preuve à ajouter aux autres que vous ne m’aimez pas. Vous ne savez pas combien ces deux liards qui vont passer de votre bourse dans la mienne achèteront de puérilitésb voyageuses dont vous ne profiterez pas.
J’ai passé une triste nuit à vous attendre. Je n’ai que très peu et très mal dormi. J’ai mal à la tête ce matin et mal aux entrailles. Je m’en vais m’administrer quelques puérils lavementsc pour me tâcher de me calmer s’il est possible.
Vous pensez bien, mon cher petit homme, que je ne dois pas être fort en train des jolies petites n’histoires après la conduite plus qu’indifférente que vous tenez envers moi. Aussi je ne vous dirai qu’une chose, que je vous aime de toute mon âme et que je vous aimerai comme cela tant que je vivrai.

Juliette

[Adresse]
À mon cher petit homme absent


Notes manuscriptologiques

a « fait gagné ».

b « puérilitées ».

c « puériles lavemens ».


« 7 novembre 1835 » [source : BnF, Mss, NAF 16325, f. 94-95], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.9601, page consultée le 24 janvier 2026.

Soyez tranquille, mon amoureux. On aura le plus grand soin de votre dépôt. On ne veut pas vous humilier ni vous frustrer pour bien dire dans l’intérêt ou la valeur que vous attachez à votre paquet MONSTRE ET VERT1.
Je ne vous ai quasi pas vu aujourd’hui. Cependant je vous ai bien aimé et désiré. Mais tel est le mauvais sort qui s’attache à moi, que plus mon amour et mon désir de te voir ont d’intensité et plus de ton côté tu es occupé et retenu. Je ne te dis pas cela pour te faire un reproche, ce qui serait trop ingrat, mais pour te faire remarquera combien peu je suis chanceuse.
Depuis que j’ai dînéb, j’ai une recrudescence de mal de tête à en être stupide. Je vais me fourrer le plus tôt que je pourrai dans mon lit au risque de t’y donner l’hospitalité si tu viens de bonne heure, ce qui n’est pas ou peu probable. Enfin c’est égal. Je t’aime, je t’aime, je t’aime. Avec cela, on attend longtemps, on attend toujours.

[Julie ?]

[Adresse]
À mon cher petit Toto dans sa boîte
à Paris


Notes

1 Dans son carnet, Victor Hugo note en date du 7 novembre 1835 « les deux tapis Aubusson (la planche et les frais de vente compris) 224,98 ».

Notes manuscriptologiques

a « faire remarqué ».

b « j’ai dîner ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle regrette de ne pas jouer le rôle de la courtisane Tisbe, où elle se reconnaît, dans Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, mais se voit célébrée dans plusieurs poèmes du recueil Les Chants du crépuscule.

  • 28 avrilPremière d’Angelo tyran de Padoue.
  • 25 juillet-22 aoûtVoyage avec Hugo en Normandie et en Picardie.
  • 9 septembre-13 octobreTandis que Hugo séjourne aux Roches, chez les Bertin (du 10 septembre au 12 octobre), Juliette habite encore la petite maison des Metz.
  • 17 octobreLes Chants du crépuscule.
  • 15 novembreNaissance de (Jean-)Louis et Michel-Ernest Koch, neveux de Juliette Drouet.