« 19 mai 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 87], transcr. André Maget, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2926, page consultée le 25 janvier 2026.
Guernesey, 19 mai 1857, mardi soir 5 h ½
Je venais de mettre cette date tout à l’heure, mon cher aimé, lorsque tu es entré
dans ma chambre à ma grande joie. Maintenant que me revoici seule, je reviens à ma
restitus et je continue par le bec de ma plume les tendresses que ma bouche te
disaita il y a un moment. Je ne
sais pas si je serai moins podagre ce soir mais je souffre beaucoup maintenant jusqu’à
ne pouvoir pas mettre un pied devant l’autre.
Suzanne a rencontré Quesnard soufflant comme un cachalot et suant comme
un q. u. e., que, che, o, n, chon et se plaignant jusqu’à terre de la fatigue qu’il
éprouvait pour avoir ratissé tes allées. Quelle grosse mouche de ton petit coche que
ce citoyen ermite ! Mais je m’amuse à cancanerb pendant que je vous aime comme un chien et que ma soupe me
tend les bras depuis une heure. Baisez-moi alors de fond en comble et aimez-moi
idem.
Juliette
a « disaient ».
b « cancanner ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
