18 août 1847

« 18 août 1847 » [source : MVH, α 7915.(1)], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.4101, page consultée le 27 janvier 2026.

Bonjour, mon bien taquin, bonjour, mon adoré, bonjour. Ah ! que je te voie lâcher Minet. Plus souvent que je lui donnerai de mon jardin à ton Fouyou. Pas de culotte, pas de jardin. Avec ça que fait bon vous faire crédit. Je sors d’en prendre, c’est bien assez que je ne puisse pas me soustraire à vos mauvais traitements, barbare homme, sans me prêter, ou du moins prêter mon jardin bénévolement comme ça, sans le moindre profit. Ce serait par trop benêt. J’entends qu’on m’achète la jouissance de mon jardin la nuit, sinon non, je garde mes effets de lune et mes [souris ?] pour une meilleure occasion. C’est une idée que j’ai comme cela et vous savez ce que c’est qu’une idée de femme. Donnant, donnant, je ne sors pas de là.
Je comprends très bien, mon Toto, que nous ne puissions pas emmener cette chère enfant1 avec nous cette année ni les autres à cause des frais énormes de voyage. Je n’y avais jamais compté même quand je lui en ai parlé et je comprends encore que tu ne veuilles pas de sa pauvre petite bourse de vacances. De tout cela il résulte que je t’aime toujours et plus que jamais.

Juliette


Notes

1 À élucider.


« 18 août 1847 » [source : MVH, α 7966], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.4101, page consultée le 27 janvier 2026.

Dites donc vous, que je vous y prenne encore à m’appeler la VIEILLE et puis vous verrez si toutes les vérités sont bonnes à dire. Je vous aime encore beaucoup de venir m’invectiver chez moi ! Que je t’y rattrapea, pôlisson, et tu sauras de quel manche à balai je me mouche.
En attendant je vous attends et je voudrais bien ne pas vous attendre longtemps. Cher adoré bien-aimé, mon Victor, ma vie, mon âme, ma joie, mon bonheur, mon tout, je suis à toi, je pense à toi, je m’occupe de toi, je te désire et je t’aime.
J’ai bien regretté de n’avoir pas eu la bonne inspiration de faire ta tisaneb plus tôt. Il est vrai que cela ne me réussit jamais quand je la prépare dès le matin et, à ce compte-là, pour te forcer à venir, je devrais ne jamais la faire de bonne heure au risque d’en avoir des gros remords comme aujourd’hui.
Tu voudrais me donner ta fleur et moi je voudrais te donner toutesc celles de mon jardin, avec mon âme par-dessus le marché. Je demanderai à Duval s’il pense pouvoir naturaliser chez moi ton beau PANCRACIUM1. J’en doute mais enfin je le lui demanderai car je serais très contente de faire revivre chez moi cette fleur que tu admires et que tu aimes tant quand je devrais en être jalouse. En attendant je t’adore, et je te baise de toutes mes forces.

Juliette


Notes

1 Le pancratier est une plante bulbeuse de pays chaud, de la famille du narcisse, à grandes fleurs blanches parfumées (GDU).

Notes manuscriptologiques

a « rattrappe ».

b « tisanne ».

c « tout ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle écrit ses mémoires de couvent pour documenter l’épisode du Petit-Picpus dans Les Misérables.

  • 23 janvierPremière de la reprise de Lucrèce Borgia à la Porte-Saint-Martin.
  • 21 juinElle assiste avec Hugo à la messe à Saint-Mandé, pour le premier anniversaire de la mort de Claire.
  • Août-septembreLiaison de Hugo avec Alice Ozy, qui est aussi la maîtresse de son fils Charles.
  • 4 septembreLe corps de Claire Pradier est exhumé une seconde fois pour être placé dans un caveau au cimetière de Saint-Mandé.
  • 7-9 septembreÀ la demande de Hugo qui s’en servira pour Les Misérables, Juliette écrit ses mémoires de couvent.
  • 30 septembre-7 octobreVoyage en Normandie.