« 8 juillet 1862 » [source : BNF, Mss, NAF 16383, f. 174], transcr. Camille Guicheteau, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6886, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 8 juillet 1862, mardi, 4 h. ½ après-midi.
Craignant de faire attendre M. Bacot et
la nécessité de faire tout mon ménage avant de m’habiller,
je n’ai pas pu te donner ce matin ma chère petite restitus matinale. Mais sois tranquille, mon trop bien aimé, mon amour n’y a
rien perdu, AU CONTRAIRE, tant il est vrai que tous les instants de la vie sont une
succession non interrompue et toujours de plus en plus tendre et plus enthousiaste
de
mon amour et de mon admiration pour toi. Tu me tiens aux entrailles comme mon enfant,
tu me passionnes comme mon amant, tu m’éblouis et tu m’électrises comme un Dieu fait
homme. Je t’aime en te souriant et en t’apaisant quand tu souffres ; je t’aime
jalousement et jusqu’à la mort quand je crois que tu peux m’en préférer une autre ;
je
t’aime à genoux et en te bénissant quand je considère ta nature sublimementa grande et divinement bonne, enfin je
t’aime, je t’aime, je t’aime !!!
Tu m’as paru un peu fatigué tantôt, mon pauvre
éprouvé, j’espère que tu auras ce soir un peu de raison de te détendre au milieu de
tant d’amour de vénération d’admiration et d’adoration. En attendant je t’envoie mon
âme avec la branche d’olivier pour toi et pour tous ceux que tu aimes.
a « subliment ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle se délecte du succès public des Misérables.
- 10 marsPremier dîner des enfants pauvres.
- 3 avrilParution de la première partie des Misérables.
- 28 juillet-26 septembreVoyage au Luxembourg et sur les bords du Rhin
