17 mars 1873

« 17 mars 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 73], transcr. Maggy Lecomte, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2320, page consultée le 25 janvier 2026.

Je n’ai pas le droit de me plaindre, mon cher bien-aimé, puisque c’est la faute de ma paresse si je ne t’ai pas vu ce matin. Cela m’apprendra à m’indulger hors de propos. Au reste chaque fois que je reste plus tard au lit, ce qui ne m’arrive pas souvent, tu te lèves plus tôt ; ce guignon ne manque jamais et j’en bisque avec rage chaque fois. Enfin il n’y a plus à y revenir à moins que tu n’aies quelques os à jeter à tes chats et à ton chien, ce qui n’est pas probable, je n’ai rien à espérer du rabiot aujourd’hui.
Heureusement que le guignon n’est pas fait pour tout le monde ici-bas puisque ta Broisine a retrouvé ses deux châles et Mariette son couvert de douze sous. Quant à tes pounds, je les crois fort aventurés en raison même de leur séquestration et de leur logement au greffe de dame justice. L’embêtement d’aller les chercher toi-même dans cette maison bancale, qu’on appelle la Courta, serait pire pour toi que la perte de quelque cent francs ; du moins c’est ainsi que je le sens. Je suis très contente, d’ailleurs, que les voleurs soient pris et que ce soient des anglais ! Des anglais soudards, c’est tout dire !!!
Le pauvre petit Planque est toujours dans le même état entre la vie et la mort. Pour moi je plains autant la malheureuse mère que le pauvre enfant ; je crois même que je la plains davantage ; j’espère que Dieu aura enfin pitié de tous les deux ; je le lui demande en ton nom et en ceux de Petit Georges et de Petite Jeanne et du mien ; je le supplie à travers toi que j’adore et de tes chers petits que je bénis.


Notes manuscriptologiques

a Juliette conserve l’orthographe anglaise.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils rentrent à Paris après la fin de l’écriture de Quatrevingt-treize. Épuisée par les infidélités de Hugo et le soupçon, elle disparaît quelques jours, pendant lesquels il est au désespoir. François-Victor, second fils de Hugo, meurt d’une tuberculose rénale.

  • 10 févrierReprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français.
  • 1er juilletBlanche quitte Guernesey.
  • 12 juilletBlanche revient secrètement.
  • 21 juilletBlanche repart pour Paris.
  • 31 juilletHugo et Juliette Drouet arrivent à Paris.
    Blanche avoue à Hugo l’avoir trompé. Il lui pardonne.
  • 14 aoûtPaul Meurice est démis de ses fonctions de rédacteur en chef du Peuple Souverain par ses actionnaires. Le journal se sépare du Rappel, dont il était l’émanation.
  • 19 septembreAyant découvert une lettre d’amour adressée à Hugo, Juliette fuit à Bruxelles.
  • 26 septembreRetour de Juliette Drouet à Paris.
  • 4 octobreAprès avoir loué pendant deux mois une petite maison à Auteuil, ils s’installent 55 rue Pigalle.
  • 26 décembreMort de François-Victor Hugo, de la tuberculose.
  • 28 décembreEnterrement de François-Victor au Père-Lachaise.