« 10 avril 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16355, f. 33-34], transcr. Mylène Attisme, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11664, page consultée le 10 août 2026.
10 avril [1844], mercredi soir, 6 h. ½
Je t’aime, mon Victor. Je t’aime du fond de l’âme et toujours davantage. S’il
m’échappait quelque tristesse ou quelque plainte involontaire pendant que je t’écris
ces lignes ou quand je serai avec toi, ne t’en inquiète pas, ce n’est ni de la
mauvaise humeur ni de l’ennui, c’est de l’amour. De l’amour le plus pur et le plus
tendre qui soit. Je te dis cela à l’avance pour que tu ne te méprennes pas sur le
sens
de ma tristesse trop naturelle. Je sais que tu travailles, mon pauvre ange, je ne
le
sais que trop à tout l’argent que tu me donnes et surtout à ton éternelle absence.
Je
baise tes pieds, mon adoré.
Pendant que Suzanne était chez les Lanvin,
la femme était chez moi qui venaita
chercher Claire. L’explication de ce retard,
c’est que tout le monde avait oublié que Claire retournait à la pension aujourd’hui
même. Enfin, elle est partie ! La pauvre enfant, on
croirait qu’elle me pèse ou qu’elle me gêne à la manière dont je dis cela. Mais en
réalité, je suis très malheureuse quand je lui vois perdre son temps. J’ai hâte de
la
voir indépendante et d’alléger d’autant le lourd fardeau dont je t’ai chargé. Je
t’aime, ce mot-là a bien peu d’expression pour te dire ce que je sens pour toi dans
mon cœur.
Juliette
a « venais ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.
- Début octobrePetit voyage avec Hugo.
