« 28 décembre 1863 » [source : BnF, Mss, NAF 16384, f. 296], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7496, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 28 décembre [18]63, lundi matin, 9 h.
Bonjour, mon bien-aimé, bonjour, comment va ton rhume ce matin, mon cher petit homme ? La glycérine a-t-elle bien agi et as-tu pu dormir toute la nuit ? Tu me diras cela très en détail tantôt quand tu viendras baigner tes chers yeux adorés. En attendant je trouve que tu as bien fait de fermer ta fenêtre pour te tenir chaudement mais je trouve triste que tu l’aies fermée avant d’avoir répondu à mes signes de tendresse qui ne demandaient qu’à s’envoler vers toi. Cette distraction de tes yeux et cet oubli de ton cœur me rendent toute triste ce matin ; car, vois-tu, mon adoré, je ne pourrai jamais m’habituer à ton indifférence même quand elle n’est qu’apparente… Voici ta servante qui vient faire compter sa dépense. J’interromps mes doléances pour veiller à tes intérêts. Marie partiea, j’entends ma nouvelle servante qui arrive. Dieu veuille qu’elle fasse mon affaire et surtout celle de Suzanne car nous sommes toutes les deux à bout de courage. Je ne veux pas reprendre ma grognerie, mon doux adoré, c’est déjà beaucoup trop de t’avoir occupé un seul instant. D’ailleurs je sens que tu m’aimes, je sens que je le mérite et je suis sûre de t’adorer. Je n’ai donc pas de raison pour m’inquiéter et pour m’attrister pour un moment de distraction de ta pensée qui était peut-être en tête-à-tête avec Dieu au moment où je l’appelais sur la terre. Si tu as passé une bonne nuit, si ton rhume s’apaiseb, si tu m’aimes, tout est bien, je suis heureuse et je te souris malgré ta fenêtre fermée, malgré vent et marais, malgré tout et le RESTE. Cependant ne vous fiez pas trop à ce RESTE-LÀ.
a « parti ».
b « appaise ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Adèle, fille de Hugo, s’enfuit au-delà des mers à la poursuite désespérée d’un militaire dont elle est amoureuse. Mme Hugo adresse quelques signes de courtoisie à Juliette.
- 19 maiElle signe un bail de location pour la maison du 20, Hauteville.
- 18 juinAdèle, fille de Victor Hugo, part rejoindre le lieutenant Pinson.
- 2 juilletMme Hugo offre et dédicace à Juliette Drouet un exemplaire de son Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
- 15 août-7 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
- DécembreElle décline l’invitation de Mme Hugo à participer au dîner des enfants pauvres.
