14 février 1839

« 14 février 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16337, f. 155-156], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3132, page consultée le 24 janvier 2026.

Bonjour, mon cher petit homme adoré, bonjour je t’aime. Je viens de recevoir une lettre de M. Vidal, mon médecin, dans laquelle il me mande de régler et d’acquitter mon compte entre les mains de l’agent qu’il m’envoie. J’ai refusé de voir son agent malgré son insistance et j’ai répondu une lettre à M. Vidal dans laquelle je lui dis que je vais consulter mes ressources et qu’il ait à m’envoyer tout de suite par la poste sa note et le relevé des acomptes. Tu verras, mon adoré, ce qu’il y aura à faire tantôt pour satisfaire ce monsieur. En attendant, je t’aime, je te désire, je t’attends. Je prévois que nous allons être assaillis de créanciers et de réclamations de tous genres. Voici encore ce hideux homme qui revienta pour m’apporter la note de [illis.][Le mot illisible a été biffé d’un large trait noir.] et puis il la redemande. Ah Dieu, qu’une femme est à plaindre dans de certaines occasions ! Enfin, le revoilà parti mais je t’assure, mon pauvre bien-aimé, que j’aime mieux arranger cette affaire-là à fond que d’être en butteb à des subalternes de cette espèce. Et puis j’aime mieux tout souffrir que d’ajouter à tes ennuis, et à ton travail surtoutc. Donne-moi tes yeux que je les adore. Je baise tes petites mains et tes petits pieds. Mon cher bien-aimé, tu es ma joie et ma vie, mon cœur et mon âme.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « reviens ».

b « but ».

c « sur tout ».


« 14 février 1839 » [source : BnF, Mss, NAF 16337, f. 157-158], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3132, page consultée le 24 janvier 2026.

14 février [1839], jeudi soir, 8 h. ¼

C’est vous qui êtes gentil, c’est vous qui êtes bon, c’est vous qui êtes adorable. Moi, je ne suis qu’une VIEILLE BÊTE. J’en conviens et voilà. J’ai chez moi les petites Besancenot qui s’empressent à l’envi de me tenir l’une mon encrier, l’autre ma [poudre ?], l’autre [illis.]. Enfin, c’est un charivari charmant. Il ne manque que vous et Dieu sait si on vous regrette. Les petites Besancenot et moi demandons Mr Doi, Mr Doi, Mr Doi, et Mr Doi ne vient pas, le vilain qu’il est. J’ai une servante qui n’a pas encore pu me rendre compte de sa dépense, depuis hier elle a perdu 10 sous [illis.]. Enfin voici qu’elle a retrouvé son compte. Pauvre Toto, je ne pense pas qu’on puisse désinfecter le théâtre de la Renaissance de l’étronVilleneuve . Il faudrait la pelle, le balai et la chaux vive et encore je ne m’y fierais pas. Enfin puisque nous y sommes attachés par le cou et les pattes, il faut nous résigner à subir toutes les hideuses maladies qui s’attaquent aux bêtes de sommes dont j’ai l’honneur de faire partiea. Je vous aime, Toto, et je suis une TRÈS JOLIE FEMME. C’est bien fait. Je vous aime.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « parti ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle renonce définitivement à son métier et Hugo s’engage, par un mariage symbolique, à l’entretenir et ne jamais l’abandonner.

  • 1er févrierLouise Beaudoin, malade, ne peut jouer dans Ruy Blas. Juliette Drouet refuse de reprendre son rôle.
  • ÉtéLéopoldine s’éprend de Charles Vacquerie.
  • 31 août-26 octobreVoyage en Alsace, Rhénanie, Suisse et Provence.
  • Nuit du 17 au 18 novembre« Mariage » symbolique de Juliette Drouet et Victor Hugo, par lequel elle renonce à sa carrière d’actrice et reçoit l’assurance qu’il ne l’abandonnera jamais, et s’occupera de Claire.