« 17 août 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16327, f. 244-245], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7580, page consultée le 23 janvier 2026.
17 août [1836], midi ½, mercredi
Cher bien-aimé, je viens de m’apercevoira en donnant la reconnaissance à Lanvin qu’elle n’était que de 35 F. au lieu de
75 F., je m’étais trompée. J’en avais une de 75 F. que j’avais prise pour celle-là :
ce que voyant j’ai pris sur moi de faire dégager puisqu’il n’en coûtait pas davantage
de frais et de voir si les deux robes que je cherche y étaientb. Dans ce cas de les prendre et de
remettre les quatre autres ; dans le cas contraire de remettre tout le paquet en bloc.
De cette façon nous ne dépenserons que peu ou point d’argent. Et nous courons la
chance de n’avoir pas besoin d’acheter un schal1. Je ne t’ai pas
attendu pour te consulter parce que le temps nous aurait manqué. Et que je ne pense
pas qu’il y aitc mauvaise économie dans
mon essai.
Je t’aime mon cher adoré, je vous aime c’est bien vrai. Je te trouve
de plus en plus adorable. Je voudrais te faire bien comprendre à quel point je
t’admire et combien je t’aime.
Il fait une chaleur atroce, je vais m’habiller,
espérant que tu te souviendras que [N. ?] t’attend pour faire ton
portrait2. Et que
moi je t’attends pour te baiser et te remercier de ta bonne complaisance.
À
bientôt. Je vous aime. Je vous aime.
Juliette
1 « Schal » ou « schall », orthographe de « châle » à l’époque romantique.
2 Vraisemblablement Célestin Nanteuil. Voir la lettre du 4 août après-midi.
a « appercevoir ».
b « était ».
c « est ».
« 17 août 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16327, f. 246-247], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7580, page consultée le 23 janvier 2026.
17 août [1836], mercredi après-midi, 3 h.
Voici déjà l’heure convenue passée. Je ne t’en veux [pas] mon
pauvre cher petit homme, mais je ne peux pas n’être pas triste. Surtout quand je pense
qu’il n’aurait fallu que deux ou trois séances sérieuses pour me faire le bonheur
après lequel je soupire depuis bientôt quatre ans1. Me voici triste pour tout le reste de la journée car en supposant
que tu viennes il sera trop tard pour poser utilement. Ce sera encore une fois du
temps et de l’argent dépensés en pure perte. Je suis très triste vraiment, avec cela
que [N ?]2 s’en va à la fin du mois, ainsi plus d’espoir encore pour cette
année. En vérité le bonheur prend soin de ne venir à moi que rarement et par fraction.
J’ai manqué mon affaire au Mont-de-Piété. Lanvin n’a pas pu rien retirer parce qu’il n’aurait rien pu réengager,
attendu qu’il n’avait pas les papiers suffisantsa pour
cela. On s’est contenté de renouvelerb, voilà tout3.
Mon Dieu mon pauvre ange si tu me
trouves triste ne me gronde pas, et supporte cela comme un mal nécessaire dans l’état
de choses où nous vivons. Je ne t’en aime pas moins mais je suis triste.
Juliette
1 Il s’agit toujours du portrait de Victor promis à Juliette, par un artiste dont le nom reste à élucider.
2 Vraisemblablement Célestin Nanteuil, avec qui Juliette et Hugo ont l’habitude de voyager.
3 Voir la lettre précédente, sur les tentatives de Juliette pour reprendre ses effets engagés au Mont-de-Piété tout en en déposant d’autres.
a « suffisans », graphie courante pendant la première moitié du siècle.
b « renouveller ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
