« 14 avril 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 65], transcr. Christine Routier-Lecarpentier, rév. Chantal Brière, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2867, page consultée le 06 mai 2026.
Guernesey, 14 avril 1857, mardi après-midi, 3 h.
Je te gribouille mon cœur avec une plume qui n’est pas une plume, avec de l’encre qui est de l’eau et du papier qui est un chiffon. Mais tout cela n’empêchera pas mon amour de s’ébattre dans les plus tendres caresses, ma joie de rayonner et mon bonheur d’éclater car je t’aime, car tu m’as comblée de merveilles, car je suis heureuse jusque dans la moelle des os. Il me tarde maintenant de voir tous ces chefs-d’œuvrea en place1. Quant à la maison, elle viendra quand elle viendra et d’autant plus vite que nous n’attendrons pas après elle pour faire notre bonheur. En somme la vraie richesse est dans l’amour et non dans les pierres plus ou moins notre propriété. Te voilà, mon cher adoré, je ne suis pas assez cruche pour faire du style ici-bas quand je peux te couvrir de baisers là-haut. Donc je grimpe à toute jambe et plus vite que ça.
Juliette
1 Les « merveilles » et les « chefs-d’œuvre » désignent les dessins de Hugo.
a « chefs-d’œuvres ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
