« 12 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 151-152], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11352, page consultée le 06 août 2026.
12 février [1837], dimanche après midi, 1 h. ½
Bonjour, mon cher petit homme adoré. Je t’aurais écrit une heure plus tôt si je
n’avais pas oublié que je n’avais pas de papier avant d’envoyer porter ta lettre au
Théâtre de la Gaieté.
Je crois, mon bijou bien aimé, que la grippe me tient pour
tout de bon cette fois-ci. J’ai passé une mauvaise nuit et ce matin je crache un peu
de sang avec une courbature de tout le corps, ce qui ne m’empêche pas de vous aimer,
au contraire. Je me suis tenue à quatre pour ne pas envoyer acheter votre encrier
ce
matin. Il a fallu toute ma résolution et l’espoir de l’avoir peut-être à meilleur
marché pour me retenir. Je vais déjà sortir de ce petit puits enchanté la merveilleuse
histoire dont vous me parliez hier et dont j’ai rêvé cette
nuit les yeux ouverts.
Mon petit Toto, mon petit Toto, laissez-vous fléchir et
donnez nous encore une fois le bonheur d’admirer et d’adorer. Quanta à moi j’adore et j’admire de conviction,
je n’ai pas besoin de lire pour être transportéeb, il me suffit de voir votre beau front et de baiser vos
belles mains pour être convaincue que tout ce qui est admirable et merveilleux vient
de lui et sera fait par elles. Je vous dis tout cela comme des cheveux sur de la
soupe, mais c’est que j’ai la grippe et que je vous aime trop. Voilà mon excuse.
Juju
a « quand ».
b « transporté ».
« 12 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 153-154], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11352, page consultée le 06 août 2026.
12 février [1837], dimanche soir, 5 h.
Je m’étais levée pour me recoucher presque tout de suite, mais je me sens un peu
mieux et je reste debout. Je vous aime mon Toto quoique… vous ne m’aimiez
guère.
Il a fait bien beau aujourd’hui, bonne raison pour que je ne vous voie pas.
S’il avait plu averse vous seriez venu me chercher pour aller me promener sur les
boulevards. Je vous connais, je vous connais, vieux Toto, je sais bien ce dont vous
êtes capable, scélérat. Je vous aime bien fort, je vous désire autant et je vous baise
de tout mon cœur. Ah ! ça, bien décidément, nous héritons des 50 F. Il est probable que le Docteur les aura
passésa à quelqu’un qui aura trouvé
drôle de les perdre à notre bénéfice. Si cela est, je vous achète une quantité
innombrable D’ENCRIERS TOUS CHINOIS à condition que vous m’écrirez autant de belles
lettres qu’il y aura de hideux crapauds et d’effroyables gnomes.
Ça vous [dit-il ?] [dirait-il ?] et le marché tient-il ? Dans ce cas, voici mes arrhes : dix mille baisers
sur chacun de vos yeux et un million sur votre jolie bouche.
Juliette
a « passé ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
