2 juillet 1844

« 2 juillet 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16355, f. 219-220], transcr. Mylène Attisme, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11725, page consultée le 06 août 2026.

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Bonjour, mon Toto bien aimé, bonjour, mon adoré, bonjour, toi, bonjour, vous, bonjour, le bien-aimé de Juju. Comment vas-tu ce matin ? Quand te verrai-je ? Je m’en veux comme un chien d’être toujours si endormie quand tu viens mais cela ne m’avance pas à grand-chose. Il vaudrait mieux que je prisse tous les soirs une tasse de café à l’eau. Je ne te demande pas de venir plus tôt puisque cela ne se peut pas, mais je voudrais ne pas dormir comme une marmotte quand tu viens.
J’espère que l’indisposition de chez toi n’aura pas eu de suite, je le désire de tout mon cœur. Si tu vas à l’Académie aujourd’hui, tu serais bien gentil de passer un moment chez moi pour me dire comment tu vas et pour te laisser embrasser un peu partout. En même temps on te mettraita des boutons à tes gants et tu baignerais tes pauvres beaux yeux. Tâche d’y penser et de venir, mon petit Toto chéri, je serai bien contente. Je voudrais bien que cette affaire de banquier soit terminée. Cela m’intéresse encore plus que toi parce que j’ai ma copie sur laquelle je compte pour me dédommager de mon voyage1… Hélas ! Qu’est-ce qui pourrait me dédommager de ce bonheur-là ? Un livre de toi c’est bien beau mais ton doux sourire vaut encore mieux.

Juliette


Notes

1 Traditionnellement, Victor emmène Juliette pour un voyage d’été ou d’automne. En 1841 et 1842, ils en ont été privés. Celui de 1843 s’est terminé tragiquement par l’annonce de la mort de Léopoldine Hugo, que son père apprit à Rochefort en lisant le journal.

Notes manuscriptologiques

a « mettrais ».


« 2 juillet 1844 » [source : Collection particulière, MLM, 64312], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11725, page consultée le 06 août 2026.

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Vous aviez bien compté sans votre autre2, mon cher amour, pour lire vos moralités, mais, surtout, vous aviez compté sans les autres péronnelles de toutes sortes qui ne m’ont pas laissé un instant de répit jusqu’à présent. Mme Triger et son chien jusqu’à près de six heures ; puis, ensuite, la mère Lanvin que je n’avais pas vuea depuis un mois. Elle venait savoir de nos nouvelles et puis la pauvre femme m’a appris en même temps que ce pauvre vieux Saint-Hilaire était tombé en paralysie depuis trois semaines. Pauvre digne homme, les larmes m’en viennent aux yeux en t’écrivant cela. Voilà plus de vingt ans que je connais ce vieillard, que je n’en ai jamais entendu dire que les choses les plus honorables. Il est vraiment navrant de penser que ce pauvre vieillard n’a pas trouvé un appui, pas un secours dans son pays après avoir consacré toute sa vie à des travaux, sinon utiles, au moins consciencieux. Pourquoi ne suis-je pas la providence !

Tu penses si j’ai eu le temps d’ouvrir ton armoire de fer. Du reste si cela pouvait rendre service à ce malheureux vieillard je suis toute prête à avaler, d’ici à demain, toutes les armoires les plus en fer y compris les verrous de sûreté. Je t’aime.

Juliette


Notes

1 Le plus probable est 1844, car il manque la lettre du soir pour ce jour-là dans le corpus de la BnF, et celle du matin évoque déjà le mauvais temps. En revanche il y a bien une lettre du soir dans le corpus de la BnF pour 1839, qui ne mentionne pas la visite de Mme Triger. Ce serait aussi une lacune possible pour 1850. Mais la maladie de Saint-Hilaire, évoquée plusieurs fois en 1844, est un indice suffisant.

2 Compter sans son autre : ne pas prévoir un contretemps.

Notes manuscriptologiques

a « vu ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.

  • Début octobrePetit voyage avec Hugo.