« 31 juillet 1841 » [source : BnF, Mss, NAF 16346, f. 103-104], transcr. Gwenaëlle Sifferlen, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7898, page consultée le 05 mai 2026.
31 juillet [1841], samedia matin, 10 h. ¼
Bonjour mon cher bien-aimé, bonjour mon amour chéri. Comment vas-tu, mon bon petit
homme ? Tu m’avais promis que tu viendrais te reposer auprès de moi, mon pauvre petit
bien-aimé, et tu ne l’as pas pu sans doute, puisque tu n’es pas venu. Tu as cependant
bien besoin de repos, mon pauvre ange, et ce serait un acte de raison que tu ferais
en
en prenant un peu. Mon pauvre petit homme chéri, si tu n’y prends pas garde, ton
courage te jouerab quelque mauvais
tour et qu’est-ce que je deviendrais moi, si tu étais jamais malade ? Pense à cela,
mon amour, et viens te reposer auprès de moi.
Voici ma pauvre fille repartie de
ce matin de très bonne heure. Elle a été encore cette fois-ci très gentille et très
bonne fille ; j’espère que lorsque la raison sera tout à fait développée ce sera une
bonne et charmante femme. D’ici là j’aurai encore plus d’une fois des craintes et
des
anxiétés à son sujet mais cela ne peut guère être autrement1.
Je vais me
remettre à copier tout à l’heure jusqu’à ce que j’aie tout à fait fini et puis tu
m’en
apporteras d’autre, n’est-ce pas mon bien-aimé ? C’est ma joie et mon bonheur que
de
copier les admirables choses que tu écris2. Je t’aime, mon Victor
ravissant, je t’aime de toute mon âme. Quand te verrai-je, mon Toto ? Tâche que ce
soit tout de suite. J’ai faim et soif de toi. Je t’adore mon bon petit homme.
Juliette
1 Cela fait déjà quelque temps que Juliette s’inquiète pour sa fille. En effet, sans ressources propres, elle ne peut envisager de garder sa fille auprès d’elle, Hugo ne peut s’investir davantage et elle ne peut compter sur son véritable père, James Pradier, qui ne joue pas son rôle. Juliette réfléchit donc au moyen le plus avantageux, ou en tout cas le moins désagréable, pour assurer l’avenir de Claire et en faire une femme honnête : trouver un emploi au sein même de son pensionnat de Saint-Mandé. L’adolescente y deviendra sous-maîtresse.
2 Hugo est en pleine rédaction des lettres XX et XXI du Rhin, « De Lorch à Bingen » et « Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour ».
a « vendredi ».
b « joueras ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle assiste à la réception de Hugo à l’Académie Française.
- 7 janvierÉlection à l’Académie française.
- 3 juinRéception à l’Académie française.
- Juillet-octobreVillégiature à Saint-Prix.
