« 1 février 1842 » [source : BNF, mss, NAF 16348, f. 99-100], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10704, page consultée le 23 janvier 2026.
1er février [1842], mardi midi
Bonjour mon cher petit Toto, bonjour mon cher bien-aimé, bonjour toi qui ne MENSa jamais. Tu es bien revenu aussi, voime voime. Si je te fichais des GIFFES tu n’aurais que ce que tu méritesb et pas autre chose avec. Taisez-vous
monstre.
J’ai reçu une lettre de Mme Devillierstimbrée de Passy que j’ai décachetée, ne sachant pas si elle m’annoncerait sa visite pour aujourd’hui.
Mais elle me demande seulement de lui indiquer un jour et une heure pour causer avec
moi seule. Ceci m’embarrasse un peu, n’ayant pas encore eu
de réponse de Mlle Hureau. Mais tu me diras ce qu’il faut faire et tout ira bien je
l’espère. À propos, n’est-ce pas aujourd’hui que tu proposesc ton candidat [deux
mots illis.] ? Ce ne serait que justice qu’il fût nommé et quant à moi je lui
donne nos voix et s’il n’en a pas assez je lui donne toutes celles qui sont dans ta
case et dans la mienne pour lui prouver mon amour et mon
admiration.
En attendant, je pense à ce pauvre Lanvin et je voudrais bien que Méry [offre ?] de nouveau de le recommander à ton cousin. Mais pour cela il
faudrait lui écrire et lui envoyer tes livres. Il va sans dire mon amour que si telle
est ton intention et si tu as les deux volumes je serai trop heureuse d’envoyer
Suzanne les porter.
Je te tourmente
toujours mon pauvre adoré mais ces pauvres gens sont vraiment bien malheureux et ce
serait une bonne œuvre que de leur rendre service. Enfin mon pauvre ange si tu ne
peux
pas je saurai que ce n’est pas ta faute car tu es aussi bon que tu es beau et grand.
Je t’aime mon Toto adoré.
Juliette
a « ment ».
b « mérite ».
c « proppose ».
« 1 février 1842 » [source : BNF, mss, NAF 16348, f. 101-102], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10704, page consultée le 23 janvier 2026.
1er février [1842], mardi soir, 6 h. ½
Voici une paire de chaussettes parfaitement sèches, mon cher petit bien-aimé. Reviens
les mettre si tu souffres, et même si tu ne souffres pas reviens les mettre encore
pour que j’aie le bonheur de te voir1, mon cher adoré, petit bien-aimé de mon cœur. Tu es mon beau
garçon. Seulement je ne veux pas que vous preniez, ou que vous en fassiez seulement
semblant, sérieusement les grosses bêtises que je vous écris pour DE RIRE. Si ça vous
arrive encore je vous donnerai des coups.
J’ai mon cher petit dessin QUEL
BONHEUR !!! C’est toi, QUEL BONHEUR !!!!!!!!
Mon bonheur n’a pas duré longtemps,
aussitôt parti que venu. Et où alliez-vous tout fraîchement rasé et barbilié, avec
vos
beuttes neuves et vos airs triomphants ? Je voudrais bien le savoir. Je ne suis pas
tranquille du tout sur vos disparitions subites et sur vos absences prolongées. Je
vais vous surveiller, soyez-en avertia. Je ne vous prends pas en traître mais si je vous prends en
flagrant délit de trahison vous le paierez cher. En attendant faites-moi part de votre
barbe neuve et de votre rouleau mirifique, cela me fera
grand plaisir et vous en aurez des EXPERIENCES.
Juliette
1 « J’ai besoin de vous voir et de vous voir encore / Et de vous voir toujours », déclarait Doña Sol à Hernani (I, 2). Le registre n’est pas le même, mais les vers gravés dans la mémoire de Juliette.
a « avertis ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
son père adoptif, l’oncle René-Henry Drouet, meurt hospitalisé aux Invalides.>.
- 12 et 28 janvierLe Rhin.
- Août-octobreVillégiature à Saint-Prix.
- 23 novembreMort de René-Henry Drouet, l’oncle de Juliette, hospitalisé aux Invalides.
