27 janvier 1873

« 27 janvier 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 26], transcr. Maggy Lecomte, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2253, page consultée le 04 mai 2026.

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Je suis heureuse mon bien-aimé, je t’ai vu et bien vu, cette fois, et je te remercie de ta bonne petite télégraphie dont je n’ai pas perdu un seul geste. Autrefois, mon adoré, mon bonheur se doublait par la possibilité de te répondre dans le même langage ; le voisinage plus rapproché encore me le permettait ; mais maintenant les voisins et les passants m’empêchent de me montrer, ce dont j’enrage tous les jours en regrettant ma petite maisonnette solitaire d’où j’entendais ta voix et d’où je pouvais te voir à tous les instants. C’est le cas de dire le proverbe : le mieux est l’ennemi du bien.
Je viens d’envoyer Suzanne porter ton déjeuner et réclamer une layette pour la pauvre accouchée mais Mariette en avait déjà porté une samedi. La femme se nomme [Michet ?] [Richet ?] [Michot ?] [Richot ?] et un de ses six enfants est le petit garçon de trois ans que tu trouves si farce avec ses belles bottes, la belle dame et la belle choppe !
« Qui donne aux pauvres prête à Dieu ». Quand donc Dieu te donnera-t-il un acompte de bonheur paternel pour tout le bien que tu fais aux petits enfants et à tous ceux qui souffrent ? À défaut d’huissier pour lui rappeler la dette sans cesse grossissante qu’il te doit, ma prière ardente le somme tous les jours de t’en payer au moins les intérêts par quelques [vraies ?] joies dont ton cher Petit Georges et ta chère Petite Jeanne seraient la monnaie. Jusqu’à présent il a l’air de faire la sourde oreille, peut-être n’attend-t-il si longtemps que pour te payer tout à la fois. Je l’espère et je redouble de prière et de confiance en lui, le solvable infini et le juste absolu. Le soleil de ce matin est déjà d’un bon augure. Attendons et aimons nous comme si nous étions déjà au ciel.

Cette année-là…
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Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils rentrent à Paris après la fin de l’écriture de Quatrevingt-treize. Épuisée par les infidélités de Hugo et le soupçon, elle disparaît quelques jours, pendant lesquels il est au désespoir. François-Victor, second fils de Hugo, meurt d’une tuberculose rénale.

  • 10 févrierReprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français.
  • 1er juilletBlanche quitte Guernesey.
  • 12 juilletBlanche revient secrètement.
  • 21 juilletBlanche repart pour Paris.
  • 31 juilletHugo et Juliette Drouet arrivent à Paris.
    Blanche avoue à Hugo l’avoir trompé. Il lui pardonne.
  • 14 aoûtPaul Meurice est démis de ses fonctions de rédacteur en chef du Peuple Souverain par ses actionnaires. Le journal se sépare du Rappel, dont il était l’émanation.
  • 19 septembreAyant découvert une lettre d’amour adressée à Hugo, Juliette fuit à Bruxelles.
  • 26 septembreRetour de Juliette Drouet à Paris.
  • 4 octobreAprès avoir loué pendant deux mois une petite maison à Auteuil, ils s’installent 55 rue Pigalle.
  • 26 décembreMort de François-Victor Hugo, de la tuberculose.
  • 28 décembreEnterrement de François-Victor au Père-Lachaise.