« 3 juin 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 98], transcr. Madeleine Liszewski, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.176, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 3 juin 1857, mercredi après-midi, 3 h.
Quel dommage que toutes mes joies d’aujourd’hui soient troublées para d’affreuses douleurs de la tête aux pieds. Cependant il faudra bien que ma migraine en prenne son parti ce soir et que mes atroces pattes se décident à me porter jusqu’où il te plaira d’aller après dîner car je veux, j’entends et je prétends ne me priver d’aucun des bonheurs que tu voudras me donner, dussé-jeb en crever au bout. En attendant je me goberge dans vos munes1 et je patauge dans votre mémorable complainte vers moulus. A la première solennité littéraire et culinaire que j’aurai chez moi, je la chanterai en votre honneur. Jusque là je m’exerce à la solfier et à la phraser avec art et sentiment comme il convient de le faire pour un chef-d’œuvre de cette qualité. Laissez-moi, vilain sale, et donnez-moi beaucoup de viers coffres même remplisc de tout ce que vous pourriez y mettre.
Juliette
1 À élucider.
a « par par ».
b « dussai-je ».
c « rempli ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
