« 24 septembre 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16331, f. 201-202], transcr. Sylviane Robardey-Eppstein, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7374, page consultée le 24 janvier 2026.
24 septembre [1837], dimanche, midi ¾
Oui mon cher adoré, je vous trouve adorablement beau, bon et charmant. Et je le dis tout haut à qui veut l’entendre. Vous avez très bien fait de venir hier au soir car j’avais bien faim et bien soif de vous. J’espère que vous viendrez un peu aujourd’hui me voir malgré mes convives. Et puis ce soir je compte tout à fait sur vous. Arrangez-vous donc pour venir le plus tôt possible. J’ai bien des choses à faire d’ici à deux heures mais il m’aurait été impossible de ne pas commencer par vous. Et pourtant mon cher petit homme vous ne vous souciez guère de ce que je peux gribouiller deux fois par jour pas plus de ce que je sens, vous présent ou vous absent. Allez, vous ne m’aimez pas comme je vous aime, il s’en faut bien du tout au tout. Vous êtes un méchant Toto, voilà ce que vous êtes. Je vous donnerai ce soir des coquillages pour mes chers petits enfants que j’aime de tout mon cœur. Jourpa, jour man. Je vous donne mon cœur, mon âme, prenez-les s’il vous plaît afina qu’aucune créature ne les puisse posséder que vous seul. À bientôt, n’est-ce pas ?
Juliette
a « à fin ».
« 24 septembre 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16331, f. 203-204], transcr. Sylviane Robardey-Eppstein, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7374, page consultée le 24 janvier 2026.
24 septembre [1837], dimanche soir, 11 h.
Tout mon monde est parti, mon cher adoré, et j’en profite pour t’écrire que je t’aime
et que jamais je ne pense plus à toi que lorsque j’ai des sujets de distraction. Je
croyais et je crois encore que tu viendras ce soir. Est-ce que ce ne sera pas vrai ?
Ce serait bien malheureux pour moi qui ai compté sur ce bonheur toute la soirée, et
qui à cause de cela n’ai pris aucun plaisir ni aucun bonheur pour être touta entière à celui de te voir et de te
caresser.
Mme Krafft me fait demander comme un service une
loge au Français pour jeudi de cette semaine. Je ne sais
vraiment pas comment tu pourras la lui donner et j’ai prié Mme Pierceau de la pressentir
là-dessus.
Mon père1 m’a apporté une lettre de ma sœur2 que tu verras et une boîte de coquillages dont les
plus beaux ont déjà été mis de côté pour toi. Vous voyez bien cher Toto que toujours
on pense à vous et que toujours on vous aime. On
c’est-à-dire MOI. Je t’aime, oui je t’aime. Si tu viens ce soir tu verras bien. Soirpa, soir man. Je baise vos lèvres, vos dents, vos yeux, vos cheveux sans en oublier un
seul.
Juliette
1 Il s’agit de René-Henry Drouet, le « père de cœur » de Juliette.
2 Il s’agit de Renée, qui vit à Brest.
a « toute ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
