8 décembre 1858

« 8 décembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 340], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5970, page consultée le 24 janvier 2026.

Cher bien-aimé, je me hâte de mettre ma restitus comme trait d’union entre mon âme et la tienne. En attendant que tu viennes m’apporter ta belle bouche à baiser, j’ai été bien triste depuis hier mais je commence à reprendre le dessus de mon chagrin car je vois bien qu’il n’y a pas de la faute de ton cœur dans ce petit déni de justice que me font tes proches et ton entourage sans se douter pourtant de la peine que je ressens chaque fois que leurs petits mauvais procédés m’apparaissent sous une forme ou sous l’autre. Je leur pardonne et je m’en vengerai dans l’occasion en les servant et en me dévouant à eux pour tout, partout et toujours. Je suis bien heureuse de contribuer pour ma part au monument du bon docteur Terrier. Je jouis d’avance de sa délicieuse surprise et de son immense bonheur et je t’aime quatre à quatre car je crois que te voilà. Non, je me suis trompée, hélas ! Mais je ne t’en aime que plus pour combler le déficit de ma joie manquée.

Cette année-là…
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Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.