20 novembre 1858

« 20 novembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 327], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5947, page consultée le 24 janvier 2026.

Bonjour, mon trop bon bien-aimé, bonjour, bonheur, et merci à toi, mon adoré. Je te remercie de tes belles étrennes. Je t’en remercie doublement puisque tu attachais, par contagion, une idée superstitieuse à ces pauvres vieux écrans qui n’en peuvent mais, nous faire ni chaud ni froid si ce n’est un sentiment de plaisir de posséder une belle chinoiserie. Ne t’en fais donc plus de tourment, mon cher petit homme, car je suis moi-même assez méchante pour mettre en fuite et à néant toutes les mauvaises influences de quelque part qu’elles viennent. Du reste, ton cadeau ne perd pas à être vu au jour, au contraire. Tout à l’heure, je les nettoieraia car ils sont bien sales, puis tu me les accrocheras à mon mur et le tour sera fait à la nique de tous les diablotins bleus et noirs qui y ont élu domicile. Dieu est le plus grand et les chinois ne sont pas SES prophètes.
Comment vas-tu ce matin, mon bien-aimé ? Moi, j’ai honte de le dire, je ne vais pas du tout et j’ai vu le moment où je ne pourrais pas me lever. Mais depuis que je gribouille mes billevesées chinoises je vais beaucoup mieux. J’espère que tu ne t’apercevras de rien tantôt car je vais t’aimer jusqu’à ce que santé et bonheur s’ensuivent, telle est ma force.


Notes manuscriptologiques

a « nétoyerai ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.