« 22 octobre 1862 » [source : BNF, Mss, NAF 16383, f. 218], transcr. Camille Guicheteau, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6941, page consultée le 26 janvier 2026.
Guernesey, 22 octobre 1862, mercredi soir, 3 h.
Il n’y a pas le plus petit mot pour rire à trouver de ce temps-ci, mon cher petit
homme, aussi je n’y essaie même pas. Je me contente de t’aimer et de te désirer dans
mon for intérieur, laissant la bourrasque indéfinie casser mes pauvre petits arbres
et
le déluge noyer mes pauvres poules. Tout cela est triste et lugubre à voir, mais je
t’aime et le soleil est dans mon cœur.
Je voudrais être à ce soir pour avoir
moins de temps à t’attendre, car il est probable que tu mettrasa tout le reste de la journée à profit
dans ta maison. Quant à moi, j’ai fini ma tâche de ménage
tout à l’heure. Il ne reste qu’à faire la DAME, ce à quoi je m’entends le moins.
Cependant, comme j’ai le désir bien sincère et bien ardent de te plaire, je fais tous
les efforts pour dépouiller mes rugosités natives et pour user les aspérités de mon
caractère, mais cela n’est pas facile et il est à craindre que je ne meure avant d’en
avoir effacé une seule. Je t’aime, voilà ma seule qualité.
a « metteras ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle se délecte du succès public des Misérables.
- 10 marsPremier dîner des enfants pauvres.
- 3 avrilParution de la première partie des Misérables.
- 28 juillet-26 septembreVoyage au Luxembourg et sur les bords du Rhin
